Ces derniers jours, nous retrouvons sur toutes les langues, (bonnes et mauvaises), le GÉNOCIDE DES TUTSI, même ceux qui déforment cette dénomination ne réussiront jamais à empêcher la vérité d'être ''autre chose que la vérité''. Les meilleurs livres vendus dans le monde (les best sellers) sont actuellement ceux qui parlent de nous; les films qui font beaucoup de bruit, (autres que la Passion du Christ), sont ceux du génocide des Tutsi : "Sometimes in April de Raoul Peck ; Hotel Rwanda de Paul Rusesabagina et ses amis Anglais". Ça court tellement les rues que même les créateurs des jeux NITENDO et de PLAY STATION ont mis sur le marché des nouveaux jeux sur base du génocide des Tutsi par les interahamwe.
Euh oui, 10 ans plus tard, ce sang noble, ANOBLI encore davantage par la cruauté gratuite d'un groupe de sauvages, qui disent appartenir au type BANTU de la Région des Grands Lacs REVIENT HANTER, non seulement ces masses humaines dans leur perfidie, mais aussi écorcher le monde moderne au complet, (du Nord au Centre, le Sud n'existant même pas).
L'immensité de ce crime est tel qu'on ne trouve pas les mots justes pour le dire, surtout qu'elle est inversement proportionnelle aux remords, moins encore aux réparations possibles des victimes. Pourquoi diable, certaines gens continuent-elles de nier avoir participé, de près ou de loin, à l'accomplissement de ces horreurs ? Pourquoi le Pape continue-t-il de protéger ses prêtres, qu'il dit ses enfants, alors qu'il sait très bien ce qu'ils ont fait ? Pourquoi lui, comme le Président des Français, persistent-ils à refuser de reconnaître l'implication directe de leurs États respectifs, dans le génocide des Tutsi ?
Qu'est-ce qui a poussé, comme dans un élan d'une vaste conspiration, tous les Grands de ce monde à prendre une part active à cette cruauté, (l'ONU, le Vatican, les USA, la France) ?
Cela me fait remonter dans le temps, et revoir avec circonspection la
guerre d'octobre, au moment où elle éclatait aux frontières
du Rwanda avec l'Ouganda. On riait, mais on pleurait aussi, de joie et
de peur à la fois ! On peut même se découvrir s'en
amuser, en quelques sortes, les uns pour savourer enfin leur vieux rêve,
une sorte de vengeance attendue depuis 30 ans, kuko ngo na mukaso abyara
umuhungu... ! On ne pouvait presque pas s'empêcher d'entrevoir une
perspective de liberté malgré l'anxiété qui
était palpable et les dangers potentiels engendrés par ce
contexte lui-même !
Au fur et à mesure que les forces du FPR avançait à l'intérieur du pays, l'enthousiasme des Tutsi locaux montait comme la température de juillet au Canada, allant même jusqu'à DÉFIER LES BALISES HABITUELLES DE SÉCURITE MINIMALE de survie en milieu hutu, comme cela avait toujours été. Ceux qui vivaient au Rwanda quotidiennement voient certainement de quoi je parle. On retrouvait la voix, les langues se déliaient, les jambes se dégourdissaient, l'émotion était à son meilleur, quoi de plus beau !
On sentait le vent souffler, DANS L'AUTRE SENS, ça faisait du bien de le savoir, quite à se faire de ce genre d'illusions qui font chavirer le coeur !
Par moment, on sentait qu'on pouvait vraiment respirer comme tout le monde, sans retenir son souffle, et sans se sentir tout petit dans ses souliers, comme d'habitude. Une sensation de résurrection quoi ! Avez-vous vécu ce sentiment vous, en 1990 ? Moi si !
Je me rappelle de certains vieux Tutsi, dont les nombreux membres de ma famille, aujourd'hui disparus évidemment, qui n'hésitaient plus de sortir leurs vieux disques empoussiérés pour avoir été longtemps bannis par le pouvoir hutu. On les écoutait à plein volume, un peu comme pour narguer les voisins qui, à leur tour, étaient tétanisés à l'idée que les Batutsi reprenaient le pouvoir. Ils avaient si peur que même un jeune enfant pouvait semer une panique au milieu de toute une armée de Hutu.
Je pense, entre autre, au cas que je connais, un jeune homme, à peine de 9 ans, même s'il paraissait plus vieux, habillé en camouflés, (couleurs militaires made in Doubaï), des habits alors en vogue, popularisés justement par la guerre chez les jeunes gens Tutsi.
Sur son chemin de l'école, les Hutu téméraires du quartier lui criaient après, des menaces comme "je-te-tuerai", tandis que la plus grande majorité de hutu ne pouvaient pas s'empêcher de fuir devant lui, un gosse, umutima wabavuye mo ngo babonye inyenzi. La queue basse, ils courraient dans tous les sens, batabaza ngo barashize ! Je me rappelle aussi, d'une petite école primaire (privée) de Kigali où certains jeunes garçons de la 4ième année ont carrément refusé de chanter indirimbo Abahutu bari habaraye, "...inyenzi Rwigema".
C'était très imprudent tout ça, kuko byaturukaga ku babyeyi babo, mais ça vous donne l'idée du changement, muri mind y'Abatutsi muri iyo minsi. Nibyo nise, plus haut, kwiyibagirwa (ignorer les balises habituelles de survie en milieu hutu)
Il faut avouer que les Hutu faisaient un peu pitié, malgré leur confiance aveugle aux FAR (forces armées rwandaises). Plus les jours passaient, les FAR s'essoufflaient, le FPR gagnait du terrain, et la population hutu s'excitait encore plus, devenant chaque jour plus hostile que d'habitude envers leurs voisins Tutsi.
Ils répétaient ces mots atroces... ils brandissaient imipanga yabo sous le nez des Tutsi, ibyo byose byari signes précurseurs de cet apocalypse... ! Abari baciye ubwenge à l'époque ya Kayibanda, vous vous souviendrez de la célèbre phrase yavuze, je cite :
"Supposons l'impossible : supposons que les Tutsi de l'extérieur parviennent à reprendre le pouvoir de force comme ils le disent. Ils auraient commis une erreur fatale, puisque nous aurions toujours assez de temps et de liberté pour balayer leurs pairs de l'intérieur de notre terre. Qu'ils essayent seulement, ils verront si je mens ou si je dis la vérité ". Fin de citation. C'était à l'issue des négociations manquées de Kampala pour le retour des réfugiés Tutsi, les plus longs en temps et en taille, de l'Afrique !
Donc, en un moment donné de notre triste histoire, depuis 30 ans, grâce à la guerre d'octobre et à la pression des Opposants du sud qui ont eu la voix, eux aussi, grâce aux CONCRELATS, les Bakiga ont été les premiers à souffrir de tous ces changements, dans ce qui était incontestablement leur RWANDA. La masse populaire acceptait de moins en moins les mensonges des politiciens de l'AKAZU, ils ne se faisaient plus d'illusions s'agissant de la supériorité militaire du FPR par rapport aux FAR.
D'après moi, l'idée du chao a toujours existé mu mitwe y'abahutu, (maze kuvuga uko Kayibanda yabitekereza ga, les années 60 - 70), mais je crois que je n''aurais pas tort de dire que les sommets de l'icebeg ont été atteints avec l'avancée du FPR. Tous les Hutu craignaient la vengeance impitoyable présumée, ils se voyaient condamnés, disaient-ils ! C'est à ce moment-là que la campagne de DESHUMANISATION DES TUTSI a commencé.
Ngo Inkotanyi zifite imirizo, (ils ont des queues et des longues oreilles), ils mangent des bébés, barya ibiti n'ibitiri-tiri, n'ibindi byinshi.... Encore là, c'était des signes précurseurs du génocide, la déshumanisation du groupe ethnique étant des plus éloquents, une tactique qui a été déjà utilisée pendant les autres génocides et dont les résultats ont été dévastateurs.
Ils pensaient qu'ils allaient être massacrés, rien et personne ne pouvait leur convaincre du contraire, et cela les mettait dans un état de condamné irréversible, objectifs entièrement atteints pour les organisateurs de ce chao ! Radio Muhabura avait bon enseigner à la population, le FPR avait bon aligner, en tête de colonnes de son armée, les Hutu anciennement influents et puissants comme Kanyarengwe, Bizimungu, sans compter les très nombreux hommes de troupe hutu recrutés à même les collines du Rwanda, tout cela était bien loin de rassurer la masse populaire anxieuse, affolée et désespérée.
Les ragots allaient bon train. Ils ont pris une toute autre dimension dans la tête de ces gens. Les prédictions refaisaient surface, et faisaient encore davantage de ravages. Ngo Kayijuka yaraguye ko...., des décennies plus tôt, ngo Magayane aura prédit que...., ngo Nyirabiyoro yavuze ko igihe ubwatsi bwo hepfo n'ubwo haruguru buzakomana, que sais-je encore... !
Les légendes mystiques et mystérieuses prenaient leur meilleure forme, les bars se remplissaient tous les soirs autour des mêmes sujets, les journaux locaux ne tarissaient pas des racontars de tout bord. Dans son ensemble, la population hutu était convaincue que leur glas avait sonné, que la vendetta de ces revenants Tutsi forcés à l'exil depuis si longtempss sera, sans contredit, d'une extrême cruauté.
Le moment crucial
Je n'oublierai jamais cette date fatidique, le jour qui m'a fait comprendre clairement que les Tutsi du Rwanda étaient, effectivement, condamnés à tout jamais. Je ne le dis pas pour la première fois aujourd'hui, de toute façon je ne le redirais jamais assez ! Le FPR était parvenu à faire un grand balayage, récupérant toutes les positions des FAR jusqu'à atteindre les sommets du Mont Shyorongi (à 10 km de la capitale) en 3 jours, un exploit militaire plutôt rare de notre temps, comme le disait le Gén. Dallaire !
C'était bon, c'était on ne peut plus brave, on était vraiment ivres et fiers de la bravoure de ces Inyeshyamba, les enfants comme nous les appelions tendrement, ''ABANA''; vous vous rappelez certainement de ces moments magiques qui nous faisaient quasiment flotter au-dessus des nuages ! Ironie du sort, c'est à ce même moment que les Hutu ont réalisé, SANS PLUS DE DOUTE POSSIBLE, que le gouvernement de Kinani leur avait menti depuis le début sur la réalité de la guerre.
Depuis lors, intambara yahinduye isura none ho koko, ibyo bavugaga mbere barabeshyaga ! Les plus nantis ont commencé à évacuer leurs familles vers les pays d'Europe et d'Amérique, Tutsi et Hutu confondus. Le branle-bas du SAUVE-QUI PEUT QUOI ! Pour les Tutsi, c'était légèrement différent, même si la peur était là, la peur de l'inconnu surtout, mais aussi et contradictoirement la peur de la réalité.
Les moins téméraires ont vite quitté le pays, muribuka ko muri za Kinindo na Kiliriri i Burundi hari harahindutse KIGALI. Tous les jeunes hommes d'affaires avaient provisoirement déménagé là-bas. Pour certains autres, c'était lâche de ne pas être là pour être témoin de l'histoire. Abenshi basubiye yo d'ailleurs, kandi ntibabaye ho, agahuru kagusabye amaraso burya ntuyakarenza koko ! Cela avait de la valeur dans la tête de certaines gens, ce n'est que normal dans la nature humaine.
On n'avait que trop attendu ce moment-là ! L'oppression hutu discriminatoire pesait lourd, vous vous souviendrez, pour ne citer que ces cas-là, un certain MBONABALYI (bitaga CO-NSHOMA) qui était la voie obligée de l'emploi au Rwanda, même pour une job ridicule, dans cette jungle de l'équilibre ethnique et régional mis en place par les Bahutu. - Des enfants Tutsi qui ne pouvaient pas accéder à l'école secondaire ;- Les rares qui pouvaient, ne pouvaient plus continuer au Supérieur.
Si vous êtes entre les deux âges comme moi, vous savez de quoi je parle, surtout si vous venez de Nduga, tout comme moi encore ! Utize i Burundi cg i Congo, ntabwo wabaga ugishoboye kwiga, à moins de quelques exceptions près !
Je connais une situation bien particulière, quelqu'un à qui ce vieil homme de Mbonabalyi a dit : " Tu es tutsi et tu viens perdre mon temps à mon bureau sans honte ! Ubonye iyo uba umututsi gusa, ntube umunyanduga ? Ubonye nibura iyo upfa kuba umututsi w'i Nduga nabwo, aliko ntiwongere ho kuba warize mubatutsi i Burundi ? Hoshi mvira mu biro, kandi ntuzahagaruke wagashondori we !"
Ubwo siniriwe mvuga iby'uwo bitaga DICTIONNAIRE (kubera ko yareshyaga nayo), wari Commandant de place ku Gisenyi. Yarakubwiraga ati ngo hano, waza ati unama nkubwire, wakunama AKAGUKUBITA URUSHYI, AKANAKUVUNDEREZA IBICANDWE BYE MU MASO, maze bagaseka urumenesha we n'abo babaga basangira. Ibi ntabwo ari ibyo mpimba, Abatutsi babaga i Rwanda barabizi, abatarabimenye n'abanyamahirwe. Ngibyo ibyo twiberaga mo, successivement du pouvoir de Gitaramana à celui des Bakiga, année après année, nubwo vers les années 86-7-8 hasaga n'ahari harabonetse agahenge, tendance yari isagaye ari business ibindi bikaza nyuma. Passport aho ibonekeye kuri bose, (n'Abatutsi), yahinduye ibitari bike muri réalités quotidiennes, mais pas toujours pas assez !
Bref, tout cela risquait de disparaître ou tout au moins changer de camps, kandi byarabaye ! J'ignore si ça a disparu, ou si ça a seulement changé de camp, je ne suis pas en position de porter un jugement, aliko icyo nzi n'uko tendence ari positive et prometteuse, surtout depuis récemment !
Voilà ce qui m'a toujours fait dire que nous sommes tous coupables, face au génocide des Tutsi. ET LE MOT "TOUS" prend ici toute sa signification dans ma tête, car personne ne peut mettre sa main au feu et crier, haut et fort, qu'il a tout essayé pour éviter le bain de sang qui était pourtant prévisible depuis le 1er octobre 1990, nababwiye signes zose, et je l'ai fait exprès.
Nous sommes coupables en effet, parce que ce génocide, dans une large mesure, AURAIT PU ÊTRE ÉVITÉ. Malheureusement, il a été consommé jusqu'aux menus détails de son plan satanique, tel que dessiné par ses concepteurs, et tel qu'approuvé par ses sponsors. C'est arrivé parce qu'il y a eu DEUX CAS EXTRÊMES :
1) De la négligence criminelle, d'une part
2) De l'égoïsme sauvage, d'autre part
Bien sûr que personne ne pouvait anticiper l'ampleur de cette sauvagerie, plus d'un million et demi de personnes tuées en moins quelques semaines, sauf que, sous toute réserve, TOUT LE MONDE SAVAIT qu'il y aura beaucoup de sang, et ÉNORMÉMEMENT de dégâts, toi et moi, le FPR et le monde entier compris. Donc, suis-je entrain d'insinuer que le FPR aurait dû arrêter la guerre et s'en retourner en Ouganda comme le leur demandait Habyalimana et la France ? Non bien évidemment, SURTOUT PAS ÇA, le vin était tiré, il ne restait plus qu'à le boire, bon ou mauvais !
LE FAIT qu' ils sont venus jusqu'à Shyorongi, qu'ils y sont restés quelques jours puis vider les lieux, un certain temps plus tard, LE RIDEAU DE FER VENAIT DE TOMBER LOURDEMENET SUR LA VIE DES TUTSI DU RWANDA, indagu zose zihunduka indahiro, abapfumu bazo bahinduka abahanuzi. Tout le monde, LOCAL ET INTERNATIONAL venait de réaliser que le gouvernement hutu était fini, la population hutu ELLE AUSSI. Ils venaient de se découvrir nus comme une pierre, loin de l'abri du courroux des Inyenzi ; autant donc mourir vaillamment comme ils l'ont appris mu ndirimbo za Bikindi, mu makuru ya KANGURA n'aya RTLM, bagapfa bisasiye benshi !
C'est dans cet esprit que les médias de la haine avaient vu le jour. L'objectif était de tuer le plus grand nombre de Tutsi possible, avant d'être tué soi-même. Ne pas faire l'erreur de nouveau, comme celle de 1959, de laisser les bébés s'échapper dans le dos de leur mères, on trouve cela dans le discours criminel de Léon Mugesera, puisqu'ils vont grandir, disait-il, en dehors du pays et revenir attaquer le pays de nouveau.
Cliquez ici pour relire le discours de Léon Mugesera, vous comprendrez ce que je veux dire, mais surtout ce qu'il voulait dire et rappeler aux tueurs hutu.
Ces Inyenzi ne pouvaient plus retourner en Ouganda, pour une fois qu'ils étaient enfin dans leur élément, chez-eux, dans leur patrie. Il était temps, mais je soutiens et je soutiendrais toujours, jusqu'à preuve du contraire, qu'ils auraient dû REPENSER leur plan de guerre, dès ce même moment. Quant à moi, ils ne seraient jamais venus jusqu'à Shyorongi pour en repartir. Ils ont fait une erreur de tactique irréparable, mais je ne suis qu'un pauvre profone qui ne fait que douloureusement penser aux dégâts irréparables qu'il y a eu, qui m'ont monstrueusement enlevé LE GOÛT DE VIVRE.
Ils seraient restés à Shyorongi parce qu'ils étaient rendus-là, même si les réalités de la gestion des terres conquises devenaient soudainement moins évidente qu'on le croyait. Ce n'est qu'un raisonnement, peut-être idiot, mais un raisonnement comme un autre ! Le recul était probablement inévitable, mais ce fut FATAL, UNE GOUTE QUI A FAIT DÉBORDER LE VERRE. En quittant ces lieux, ils venaient de signer la mort des Tutsi de Shyorongi d'abord, puis de tout le Rwanda ensuite. Je suis sûr qu'ils le savaient, eux-aussi en quittant, mais je suis sûr, en même temps, que s'ils avaient eu le choix, ils seraient restés, tout prête à le croire même si je ne pas en mesure, ni de l'affirmer ni de l'infirmer, étant donné que je suis profane dans des armes, comme quelqu'un me l'aura déjà fait sentir ! Je ne cherche pas à taxer personne de mauvaise foi, je constate avec amertume, que des erreurs-tactiques du passé ont pu occasionner des décisions difficiles, ce qui aurait accéléré la catastrophe déjà en route !
C'est pourquoi, à l'occasion de ce malheureux 10ième anniversaire de l'INCROYABLE DISPARUTION DES MIENS ET DES TIENS, nous devons revisiter chacun notre fort intérieur, et essayer de mettre le doigt sur ce que nous n'avons pas fait que nous aurions dû faire, ou inversement, ce que NOUS AVONS FAIT, QUE NOUS N'AURIONS PAS DÛ FAIRE ! Que vous soyez un individu civil ou militaire, un organisme ou une Institution religieuse, un responsable politique ou un spécialiste en QUELQUE-CHOSE, un qui-quoi-ce-soit... ! Êtes-vous certain(e) d'avoir TOUT essayé pour empêcher d'arriver ce qu'on voyait VENIR, au moins deux ans en avance, aribyo twibukana amalira menshi uyu munsi, pour la dixième fois ?
Je voudrais savoir :
Avec tout l'estime, honnête et sincère, que je dois au Général Roméo Dallaire, pourquoi, n'a-t-il pas eu l'ultime courage et présence d'esprit, dès qu'il a constaté que TOUS les départements de Mr B. Boutros Ghali lui étaient fermés, de DÉMISSIONNER DE CETTE MISSION IMPOSSIBLE, ses troupes avec lui ?
Pourquoi n'a-t-il pas, rien que menacer DE QUITTER CETTE MISSION, ET LES FORCES ARMÉES CANADIENNES ? Il était conscient pourtant, il le dit lui-même dans son livre, qu'il ne pouvait pas prétendre, ni même tenter, avec les moyens militaires qui lui restaient, d'arrêter cette MACHINE DE LA MORT qui vrombissait impitoyablement de tous les côtés du Rwanda, SOUS SES YEUX QUI NE POUVAIENT QUE PLEURER ?
Reconnaît-il, au moins, avoir manqué une belle opportunité, en n'essayant de démissionner, à présent qu'il constate l'ampleur des dégâts dont il est lui-même VICTIME ?
Attention, amis et ennemis, n'allez pas me chercher les poux. Comme je l'ai dit plus haut, je n'accuse absolument personne, j'essaye de réfléchir à haute voix comme d'habitude, c'est ma façon à moi de vivre mon deuil, d'exorciser mes démons !
Ce qui me met encore plus à l'envers, c'est que le Gén. Dallaire EST CANADIEN. Il savait donc, comme tous les Canadiens, il était même convaincu de l'impact probable qu'aurait eu CETTE DÉCISION s'il l'avait prise au bon moment.
En quittant son poste de Commandant en chef, à ce plus mauvais moment de sa vie, rien qu'en menaçant de retourner ses étoiles de Lieutenant-Général à son Armée canadienne, il y a des chances que NOUS AURIONS ASSISTÉ à un retournement rapide et positif de la situation.
On aurait profité certainement du vergogne "anglo-saxon", car le Canada n'aurait jamais accepté une telle gifle. Ils auraient remué ciel et terre, ils auraient cherché et convaincu le Président Clinton ainsi que son CONSEIL DE SECURITE, il aurait offert d'envoyer d'autres troupes au Rwanda, auprès de Roméo Dallaire ....
Le Canada n'est pas n'importe quel pays, il le sait. Il n'aurait donc pas manqué d'user de toute son influence, certainement pas PAS POUR VOLER AU SECOURS DES TUTSI que le monde ENTIER avait abandonné, mais sûrement et même certainement, pour sauver sa réputation. Ce grand pays n'aurait jamais supporté de se faire accuser plus tard, d'avoir abandonné son Général au milieu des tueurs hutu. Voyez-vous le Canada abandonner son officier supérieur dans ces conditions ? PAS MOI !
Pourquoi donc, ce cher Général n'a-t-il pas essayé tout ceci ? J'ai eu la chance de lui poser cette question, les yeux dans les yeux, je n'ai malheureusement jamais eu de réponse. Il fuit cavalièrement cette question. Il n'y a pas pensé ? Si, il y a pensé. Il n'a pas eu ce courage-là, et ça aurait fait toute une différence...! Quant à moi, cela fait partie de ce que j'appelle " ERREUR FATALE ", même si j'aime ce Général, malgré moi. Je l'aime sincèrement, car je pense qu'il est honnête, et qu'il souffre comme tous les rescapés de cet enfer. Je l'aime au point de ne pas supporter l'attitude de ceux qui l'insulte, je les pense même grotesques !
Il souffre globalement et sévèrement des événements dans lesquels sa plus mauvaise étoile a décidé de l'embarquer. Il vit présentement un cauchemar, même s'il dit s'en être tiré. Il s'en tirera sûrement avec le temps, nous aussi d'ailleurs, même si on n'oubliera pas de ce genre de choses...
De règle générale, le temps arrange tout, c'est pour cela qu'il n'accepte jamais tout ce qui est fait sans lui. Je ne suis pas la première personne à avoir posé au Géréral Dallaire cette question. Je sais que plusieurs autres gens l'ont fait avant moi. Si vous êtes parmi les rares à qui il aurait donné la réponse, j'aimerais vivement savoir ce qu'il répond à ça.
Ceux qui disaient et continuent encore aujourd'hui de prétendre que ce génocide n'a jamais été planifié, qu'il n'y a même jamais même eu de génocide, que ce n'était qu'une sale guerre qui a emporté les Rwandais (Hutu et Tutsi confondus), ils sont plusieurs fois plus cruels que ceux qui ont tué avec leurs machettes !
Une autre erreur, non moins troublante : Le document que le gouvernement du Canada vient de signer qui reconnaît le jour 7ième jour du mois d'avril, comme étant une journée reconnue au Canada qui commémore LE GENOCIDE RWANDAIS......Ce n'est pas un génocide rwandais voyons....! c'est LE GÉNOCIDE DES BATUTSI, et ça le restera contre vents et marrées, QU'ON LE VEUILLE OU NON !
Dans son livre "J'ai serré la main du diable", Roméo Dallaire parle abondamment de son entretien avec son Excellence Paul Kagame, Président de la République Rwandaise, à l'époque où il était Chef suprême du Front patriotique Rwandais. Inquiet du sort des réfugiés Tutsi entassés dans des hôtels de Kigali, le Gén. Dallaire aura approché le Gén.-Major Paul Kagame et lui demander pourquoi il ne "saute pas dans la gorge de l'ennemi" avant qu'il n'ait eu le temps de massacrer les gens.
En réalité, cela correspondait à demander à Paul Kagame de modifier SON PLAN DE GUERRE. Si j'étais militaire, je comprendrais certainement mieux ce que cela voulait dire, mais je ne le suis pas et c'est bien dommage !
Je ne comprend pas ce que Dallaire voulait dire très exactement par "sauter dans la gorge de l'ennemi".
Devons-nous comprendre qu'il entrevoyait, comme militaire, une possibilité de sauver la situation, par le FPR, que le chef du Front aura refusé d'explorer, afin de ne pas mettre en péril ses soldats ? Tout bon militaire ferait comme lui, j'imagine, ubundi yashoboraga kubura intama n'ibyuma ! Ce qui a épouvanté beaucoup de gens, néanmoins, c'est la réponse que dit Dallaire avoir reçue, je cite : - "On savait que cette guerre fera des victimes. Nous pensons qu'ils font du chantage, mais s'ils les tuent comme ils disent, ils iront en ligne de compte des dégâts collatéraux qu'on avait prévus. N'est-il pas troublant d'entendre cela ! Euh oui, mais quoi ! N'est-il pas normal pour un Général de guerre, d'éviter les pertes dans ses rangs, au mieux qu'il peut, faut-il fermer les yeux devant quelques scènes, insoutenables soient-elles ? Je refuse de m'aventurer sur ce terrain-là, je ne comprends rien de la guerre, mais quand on lit le livre de Roméo Dallaire, on ne manque pas de se poser des tas de questions, ENVERS ET CONTRE TOUT.
Comme tout le monde, j'ai beaucoup aimé le récent discours du Président Kagame, quand il dit qu'il n'y a pas eu d'autre génocide, au Rwanda, que celui des Batutsi. Ceux qui disent qu'il y a eu aussi celui des Hutu modérés, ils devraient d'abord expliquer comment on peut, logiquement, être ethniquement modéré, ou modérément tueur ! Est-ce qu'il y a eu des MODÉRÉMENT massacrés, parce qu'ils ont eu la chance de croiser sur leur calvaire, des tueurs modérés ? Que je sache NON !
Par contre, il y a des Rwandais dignes, des Hutu qui ont refusé de tremper dans cette bestialité. Que vous le vouliez ou non, soit parce que vous êtes un Tutsi aux idées saugrenues, soit que vous êtes cheap et extrémiste, cg se ko wababaye cyane kuburyo wageze kuri point de non-retour, cyangwa se ukaba uri icwende ridashobora kozwa ! Force est de reconnaître qu'un bon nombre de Hutu ont sauvé les rares Tutsi que vous voyez autour de vous. Des témoignages sont nombreux par rapport à ce fait.
Certains d'entre eux sont allés même jusqu'à donner leur vie en acceptant de mourir avec ceux qu'ils protégeaient, leurs voisins ou leurs amis. Vous le savez, même si certains radicaux parmi les Tutsi ne veulent toujours pas l'admettre. Et ça, c'est renversant de savoir qu'il y a encore des gens comme ça. C'est là où le bas blesse comme on dit !
Alors quoi ? Ne me regardez pas avec ces yeux-là, j'ignore moi-même ce qu'il faut faire ! Ce que je sais, n'uko u Rwanda ari rugali wa mugani, imperturbable, tuzarubana mo rero, twibagirwe gutemana, peu importe notre rancune et nos angoisses. Si la tendance se maintient....!
Arthémon Rurangwa
Retour |