ESPÉRANCE

Privat Rutazibwa
Pour mon peuple et pour le monde.  L’histoire récente de notre pays a été marquée, sur le plan intellectuel, par le règne du mensonge, de l’intox et de la désinformation. Un état de véritable médiocrité mentale s’était alors installé, entraînant chez nombre de Rwandais, comme parmi les étrangers intéressés aux problèmes du Rwanda, une profonde cécité intellectuelle des positions et des comportements irrationnels, sans parler des actes franchement sauvages, à tout le moins abominables.

Même si les structures politiques et idéologiques qui entretenaient cette médiocrité sont à présent abolies, les esprits restent encore marqués par une tradition et un mode de pensée profondément enraciné. Aussi, un travail de réhabilitation mentale et intellectuelle s’avère urgent. À travers des mises au point qui s’imposent sur des questions de fond de pratique rwandaises d’hier et d’aujourd’hui, le présent essai se veut une contribution à cette immense entreprise de rétablissement de la vérité, exercice préalable pour libérer l’avenir.

 Né à Bibwe (Zaïre) le 22 avril 1966, Privat a fait ses études primaires et secondaires à Bibwe et au petit séminaire de Buhimba. Entré au Grand Séminaire de Bukavu pour le compte du diocèse de Goma, il termine son cycle de phylosophie et poursuit sa formation théologique aux Facultés Catholiques de Kinshasa. Ordonné prêtre au Rwanda par le Pape Jean Paul II en 1990, il exerce le ministère sacerdotal pendant deux ans avant de rejoindre le maquis du Front patriotique Rwandais. Il serait actuellement à Kigali !

Je viens tout juste de découvrir ce livre dont les dimensions contrastent énormément avec le contenu. Je ne connais pas personnellement Privat Rutazibwa, j'ignore également ce qu'il est devenu après le marquis dont il parle, mais je veux savoir s'il a encore écrit quelque-chose d'autre après "Espérance pour mon pays et pour le monde". De nos malheureuses habitudes, probablement héritées de nos colons, nous recherchons souvent la vérité là où elle ne peut pas se trouver, c’est quasiment un drame national, et cela nous fait perdre du temps précieux au lieu d'essayer de réaliser, main dans la main, des bonnes choses pour le meilleur avenir de notre peuple. Voilà ce que suscite cet essai du prêtre Rutazibwa.

On nous a toujours dit que l’histoire de notre pays est très complexe. Est-ce qu’elle est vraiment complexe?  La réponse est non, et je pense que plusieurs d'entre-vous en conviennent avec moi. Elle ne l'est pas, elle ne l'a jamais été, en tout cas pas plus que chez les autres nations si vous aimez mieux. Qui parmi vous a déjà lu ce petit livre? Je suis convaincu que nombreux sont ceux qui l’ont vu, (du moins ceux qui sont au pays depuis sa publication) mais ne l’auront pas lu pour une foule de raisons.

Entre-autre : - Y en a qui peuvent l’avoir négligé par ce que le nom de l’auteur n’est pas très célèbre, (même si l'on tenait compte qu'il a été,  d’exception, ordonné par le pape lui-même), naho ntacyo ibyo bivuze cyane.

- Ou alors, vous vous êtes refusé de le lire, simplement parce que Rutazibwa n’est pas Blanc, et que son nom ne figure pas au palmarès des chercheurs - historiens (des falsificateurs pour la plupart devrais-je ajouter), s’agissant du Rwanda et l'histoire de son peuple.

- Pis encore, vous vous êtes dit qu’il est bien trop jeune et trop éloigné de l’histoire du Rwanda pour comprendre ce qu’il dit, et ainsi dédaigné son bouquin aux dimensions très réduites. Ce qui est en tout cas fort probable, plus d’un l’aura sous-estimé, pour une raison ou une autre, raison pour laquelle il n'a pas été assez popularisé.

Ravisez-vous, ce livret va vous impressionner, Umunyarwanda wese ubishoboye yagisoma kandi akacyumva cyamufasha. Il n’a rien d’extraordinaire comprenez-le bien, puis il ne m'a pas demandé de lui faire de la publicité puisqu'il ne me connaît pas, mais ce que je lui trouve d’attachant, c’est sa simplicité et son dynamisme. Les historiens et les anthropologues qui ont publié des oeuvres sur notre peuple nous ont mal habitué en produisant des gros volumes monstrueux, à petites fontes illisibles renforcées de courbes géodésiques et historiques arbitraires, tous des ingrédients superflus qui ont le seul but de nous mêler davantage les méninges.

On aura compris une chose. Moins on comprend leur histoire, plus on les respecte, puisqu'ils profitent de l'état écrasé de notre peuple pour nous faire croire qu'ils ont fait beaucoup de recherche sur nous, et conquièrent ainsi le respect de tous. Tant qu’ils vont apposer, à côté de leur nom, "DR UNTEL", ça va fonctionner, même si intellectuellement ni même financièrement, leurs monstres ne sont pas accessibles par ceux et celles qui en ont le plus besoin, la classe moyenne du Rwanda. Tout le monde sait qu’ ils le font exprès pour paraître plus intelligent, puisque je suis convaincu qu'ils sont capables d'assouplir leur science en produisant pour nos enfants, "les seuls qui en ont le plus besoin", pour qu'un jour ils puissent parvenir à corriger les erreurs du passé et bâtir un Rwanda meilleur. Comme si c’était la seule façon de procéder, les inventeurs de notre histoire ont tout compliqué, ils ont fabriqué des preuves, ils en ont convaincu le monde, mais ils ont fait pire encore, ils ont enseigné ces saletés à enfants, et ils continuent de le faire.  Comment donc vous étonnez-vous des conséquences du moment?

Je peux me tromper kuko ntazi niba programme d'enseignement (y'abana bato) yaba yarahinduwe après le génocide des Tutsi. (Ce n'était pas ça la priorité on peut comprendre), aliko se nibura biri muri projet d'avenir ?  Ce petit livre de Privat m'a ému, parce qu'il est simple et accessible je vous le répète. Je vous le recommande vivement si vous êtes l’un de ces HUTU RADICAUX ou l’un de nos TUTSI AVEUGLES. Il vous acculera contre le mur de la réalité si vous êtes conséquent avec ce qui nous assaille comme peuple depuis un siècle, et quand vous sentirez que vous avez honte (ce que je souhaite pour vous), cela voudra dire que vous aurez compris, et que vous voulez changer certaines choses, même si l’on nous a laissé longtemps croire qu’on ne peut pas changer le monde...!

A. Rurangwa

Ci-après quelques-unes des extraits de ce livre :

  • Réexaminer le rôle de l’Église Catholique.

    C’est depuis l’an 1900 que l’Église Catholique Romaine est présente au Rwanda. En dehors de ses nombreuses réalisations notamment dans le domaine éducatif, social, cultuel et religieux, elle a également joué un rôle ambigu et parfois ouvertement partisan dans le drame rwandais. Il est souvent de bon ton que les apologistes invoquent la responsabilité individuelle de certains hommes d’église tous en plaidant l’innocence de l’institution en tant que telle. Mais cet argument s’avère fragile dès qu’on constate que pendant longtemps, ces individus, souvent influents, ont pris des imitatives qui engagent profondément l’institution et que cette dernière s’a jamais officiellement dénoncé le mal ou pris des mesures qui s’imposent à l’endroit de ses mauvais éléments.

  • Instaurer un code d’éthique politique précis et exécutoire

    Pour un certain nombre de membres de la classe politique principalement, l’ethnisme demeure une tentation permanente. Les manipulations insidieuses de l’ethnicité, le calcul politique dénué de scrupules, le sabotage des objectifs commun et de l’intérêt partisan...., telles sont des attitudes qui méritent d’être identifiées, sanctionnées et proscrites à jamais, pour que le paysage politique du Rwanda soit définitivement assaini et que l’harmonie sociale soit enfin rétablie.

  • Restaurer la dignité nationale et la confiance dans les valeurs authentiques

    La référence abusive aux valeurs occidentales constitue un facteur déterminant dans la destruction de la conscience nationale. A l'époque coloniale, il est significatif de constater que le seul enseignement de l'histoire entre les années 1930 et 1950 a fondamentalement faussé le débat politique des années 50, et par conséquent, influé lourdement sur la genèse du drame rwandais......

    ...Les Hutu et les Tutsi sont arrivés à se percevoir non tel qu'ils sont, mais tel que les missionnaires et d'autres coloniaux les avaient décrit. De même, les institutions socio-politiques du Rwanda traditionnel ou les relations inter-ethniques à la même époque étaient jugées non en raison de leur vraie nature, mais à travers le prisme déformant de la littérature coloniale. 

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Take care, A. Rurangwa