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"Ibibazo (d'ordre professionnel) bya Bacar na Kajeguhakwa, bishobora guhurira he n'aba bategetsi bose mbona babitumiwe mo ! Ubwo ntabwo Abanyarwanda ahanini tuzira kwitiranya ibintu ? " .
Numara
gusoma iyi baruwa, unasome uko jye mbyumva (en
cliquant ici) .
Monsieur
Jacques CHIRAC, Président de la République française
Monsieur
Guy VERHOFSTADT, Premier Ministre de Belgique
Je suis un citoyen rwandais d'origine tutsi, âgé de 60 ans, qui a eu le malheur de connaître et de subir la répression des régimes politiques successifs installés au Rwanda depuis 1962. Dès sa naissance jusqu'en 1973, la Première République de feu l'ancien Président Grégoire Kayibanda a compté sur son palmarès le massacre de plusieurs dizaines de milliers de Tutsi, dont des membres de ma famille. La deuxième République de feu le Président Juvénal Habyalimana est responsable d'innombrables violations des droits humains, y compris le droit à la vie et la préparation du génocide de plus d'un million de Tutsi, dont les miens, perpétré par le régime intérimaire du gouvernement Jean Kambanda, ce dernier actuellement condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour crime de génocide. Le régime actuel du Président Kagame installé au Rwanda depuis juillet1994 ne s'est pas distingué des régimes précédents. Il constitue au contraire un cas unique et rare dans l'histoire des régimes politiques du monde contemporain. J'estime compter parmi les rwandais qui le connaissent de près pour avoir contribué substantiellement à la lutte et à la victoire du FPR, pour avoir été membre du Bureau Politique du FPR, et pour avoir été Député représentant le FPR à l'Assemblée Nationale de Transition à base élargie, dont j'ai démissionné fin décembre 1998. En tant que Député et membre du Bureau politique du FPR j'ai eu l'occasion de fustiger la mauvaise gouvernance des dirigeants actuels, surtout du FPR. Dans mon livre autobiographique publié à Paris au mois de mars 2001 et lancé à Kigali en avril suivant devant un large public comprenant des diplomates et des représentants d'organismes internationaux, j'explique l'histoire dramatique du peuple rwandais et précise la responsabilité des dirigeants qui l'ont gouverné avant le FPR et donne à celui-ci des conseils pour rebâtir l'unité nationale compromise. J'ai eu l'honneur de vous faire envoyer ce livre par mon éditeur, et à titre d'exemple d'innombrables cas d'injustice déjà passée dans les coutumes du régime en place, je joins à la présente le mémorandum sur les sévices que je suis en train de subir de la part du Président Paul Kagame, notamment à cause de ce livre. En effet, le lancement de cette uvre autobiographique aurait fait peur à Kagame, qui aurait cru que cet événement était destiné à amorcer les préparatifs d'une campagne pour les présidentielles de l'an 2003. La présente lettre vous est adressée par un citoyen qui n'a pas qualité pour le faire, mais qui se sent le devoir moral d'attirer votre plus grande attention sur le martyre que le peuple rwandais, dans toutes ses composantes ethniques, est en train de subir dans le silence, et pour vous prévenir des dangers auxquels le pouvoir actuel du Président Paul Kagame expose le Rwanda ainsi que toute la région des Grands Lacs. Je lance ce cri d'alarme afin que le monde ne soit pas surpris si demain il se réveillait encore devant des horreurs semblables à celles qu'il a déjà vues au Rwanda en 1994 sur les petits écrans de télévision. En effet, le peuple rwandais et les institutions de l'État sont aujourd'hui pris en otage par un groupe d'officiers criminels dirigés par le Président Kagame et dont les plus importants sont les Lieutenants Colonels Jacques Nziza et Patrick Karegeya, respectivement responsable de la sûreté militaire et de la sûreté extérieure. C'est ce trio qui commandite tous les assassinats dont sont victimes leurs ennemis supposés, ainsi que les membres des familles de ces derniers, à l'intérieur comme à l'extérieur du territoire rwandais. C'est également ce groupe qui gère l'interminable guerre du Congo et des ressources financières colossales tirées des richesses minières de ce pays. Ces ressources en devises fortes sont secrètement gardées à l'extérieur du Rwanda et leur manipulation incontrôlée par un homme belliqueux investi des pouvoirs suprêmes d'un État souverain, mais qui n'a plus le sens des réalités économiques de son pays, peut conduire au désastre national et à la confrontation régionale. Cette situation anachronique dans le monde d'aujourd'hui a permis à Monsieur Kagame de cumuler le pouvoir politique, militaire et économique au Rwanda et sur une partie du territoire congolais comprenant les territoires de l'ancien Royaume du Rwanda incorporés au Congo depuis 1910. Faut-il signaler que le Président Kagame n'épargne même pas les rescapés de ce génocide dont il fait assassiner ou exiler les représentants, alors que c'est ce même génocide qui constitue aujourd'hui son principal fonds de commerce dans la gestion de ses relations internationales. Le Général Kagame et son groupe représentent manifestement un danger pour le peuple rwandais et pour les pays de la région. Le monde doit le savoir et réagir avant qu'il ne soit trop tard. En effet, d'après des sources généralement bien informées, des tueries en masse pourraient encore survenir dans le pays pour faire échec aux élections prévues prochainement et que le Président Kagame sait qu'il ne gagnerait pas si elles étaient tenues de façon démocratique. La tension est aujourd'hui vive dans les milieux civils et militaires. Les tenants du pouvoir eux-mêmes semblent être aux abois. La lapidation sur la voie publique, sur ordre du Président Kagame et sa clique, des leaders de l'un des partis de l'opposition intérieure interdit dès sa naissance, à savoir l'ex-Président de la République Pasteur Bizimungu et l'ex-Ministre Charles Ntakirutinka n' est que le premier signe de ce désarroi. Afin d'éviter la catastrophe, et pour veiller à ce que demain personne ne puisse regretter de ne pas en avoir été averti, je vous prie, - Excellence
Monsieur George W. BUSH, Président des USA, Excellence de suivre de très près cette situation. À cet effet je me permets respectueusement de vous demander de conseiller le Président Kagame et au besoin de subordonner les aides et les prêts à l'acceptation de vos conseils sur les points suivants qui constituent actuellement la plus grande préoccupation du peuple rwandais: 1) mettre
fin au climat de terreur et de violence entretenu par lui et son équipe
dans tout le pays et dans la partie du Congo occupée par son armée; En vous remerciant
d'avance de l'accueil et de la suite qu'il vous plaira de réserver à mon
message, je vous prie d'agréer, Valens Kajeguhakwa Cc:
Monsieur Kofi ANNAN, Secrétaire Général des Nations Unies Monsieur
James D. WOLFENSOHN, Président de la Banque Mondiale Monsieur
Horst KÖHLER, Directeur Général du Fond Monétaire |