La communauté rwandaise de Hamilton a commémoré le neuvième anniversaire du génocide des Tutsi du Rwanda. À l’ordre du jour, une Messe, un dîner et des conférences. |
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Je suis arrivé vers 18 h 30, juste à temps pour le dîner. Du vrai pic-assiette, car je n’avais pas eu le temps de manger quelque-chose de toute la journée. Il n’est peut-être pas dans certaines sensibilités de parler de la nourriture. Mea culpa. Aussi, je m’en voudrais de ne pas saisir cette opportunité au passage pour applaudir les mamans qui ont préparé ce délicieux dîner. Il était tout simplement parfait, ce n’était pas que j’avais si faim. Après le dîner, il y avait 3 conférences et 1 témoignage. Un mot bref du président pour l’introduction, puis la splendide Harmonie, hôtesse de la soirée a pris la relève pour le reste de la nuit. Premier conférencier : Dr. Ken MacKinnon Il avait été appellé pour parler du traumatisme post-génocidaire (je l’imagine parce que je n’avais l’ordre du jour). Pour être sincère (c’est un point de vue que je partage avec tout le monde ou à peu près), il n’a rien dit qui pouvait aider, ni même intéresser les rescapés du génocide. C’était comme à la fac, carrément dans un cours de psychologie. On ne suivait pas, et par voie de conséquence, on s’ennuyait. Pour vérifier si j’étais le seul qui ne suivait pas, j’ai vérifié avec quelqu’un d’autre (et non le moindre), un autre médecin qui était dans la salle, (d’origine africaine), il a confirmé ce que je craignais. Je vous ferais remarquer, et c’est important que cela soit clair, “je ne dénigre pas ses compétences professionnelles”. Il l’aura avoué lui-même, qu’il ne pouvait pas intégrer son sujet dans son contexte réel, n’ayant aucune référence, ni même aucune idée des réalités africaines en général, et moins encore des réalités rwandaises en particulier. Quand à moi, il n’avait même pas pris la peine de fouiller dans des archives de notre tragédie pour essayer de se situer. Bref, il était complétement dans le décor, comparant le traumatisme du génocide à celui d’un accident de la route (pas tout à fait mais du kind of...), suggérant que les enfants survécus devaient avoir plus de jeux pour se distraire et essayer d’oublier, comme si les enfants du Rwanda comprenaient le sens du jeu (tel que le voyait Dr Ken, comme ça se passe pour les enfants d’ici, en Amérique du Nord). Deuxième conférencier : Philippe Basabose. Un jeune homme absolument formidable qui nous a ébloui. Dans son Français impécable, Il parlait de l’histoire du Rwanda telle qu’elle a été réinventée par l’homme blanc peu après son arrivée chez-nous, mais aussi de notre vraie histoire (c-à-d tenant de la mythologie). Bientôt docteur en Lettres, Western University, Phillippe nous a méthodiquement dépeint un schéma snoptique de l’histoire du Rwanda, pour ainsi dire parfait, vu le temps limité dont il disposait. Il n’a presque rien oublié de ce qui pouvait se transmettre à un public-vrac (j’ignore si ce mot existe), comme celui qui était là. Nous avons tous (je crois), apprécié sa position claire par rapport aux terminologies politiquement utilisées, s’agissant de notre génocide. Il précise qu’il ne comprend pas pour quelles raisons les gens s’obstinent à dire : “génocide rwandais, génocide contre les Tutsi et Hutu modérés, génocide du Rwanda...”. Sans ambiguïté là-dessus, Philippe parle du génocide contre Abatutsi, et précise qu’il faut le reconnaître comme tel, parce que c’est le cas. Moi ça m’a soulagé, parce que j’ai enfin trouvé que je n’étais pas seul. J’ai essuyé beaucoup de remarques de la part de certains radicaux, car je l’écris toujours comme ça sur mon site. Côté mythique, yatubwiye akantu ntari narigeze menya auparavant : Ngo Gihanga, le père supernaturel w’Abanyarwanda yari afite abana 3. Mutwa, Muhutu na Gatutsi. Ils les aura soumis à une épreuve de courage, abicisha inyota, kandi yabarindishije ibisabo by’amata, babyicaye iruhande. Ngo bakomeza gishinga ikinyo kukindi, bigeze aho umuhutu biramunanira, arayanywa. Kera kabaye, n’umutwa nawe arayannywa. Gihanga agarutse kureba, il n’a fait que constater les dégâts za Gatwa na Gahutu. Ngo nuko Gatutsi washoboye kwihangana agororerwa kuba gardien du troupeau divin, ati Gatindi Gatwa genda uzatungwe n’ishyamba, (fruits et gibiers), ati nawe Gahutu fata isuka. Birasa cyane n’ibyo muri Bibiliya, igihe cya Adam na Eva muri Eden. Cliquez ici pour lire quelques passages de son speech, qu’il a eu l’amabilité et la rapidité de m’envoyer pour vous. Trosième conférencière : Nyiraneza (Mrs Shyrna Gilbert), présidente du Fonds de l’Espoir pour les Enfants du Rwanda. Sans surprise, Shyrna nous a parlé de la situation actuelle des enfants du génocide, parmi lesquels enfants, elle s’est improvisée “MAMAN DE SUBSTITUTION” à un bon nombre d’entre-eux, depuis la perte de leurs vraies mamans, (d’où son joli surnom de Nyiraneza). Elle nous a même parfaitement décrit certaines formes de traumatisme dont souffrent chaque année ces enfants, à la même période de chaque année. En passant, Shyrna est Enseignante de profession, d’origine juive, elle sait donc de quoi elle parle, s’agissant des-choses-de-même (comme sacrerait tout bon Québecois). Je n'irai donc pas plus loin, au risque de ne pas être à la hauteur de transmettre fidèlement ses belles paroles. Un seul témoignage était prévu. Marie Kosita Musabye, miraculeusement rescapée de l'enfer du Rwanda de 1994, nous a parlé du temps qu'elle a perdu avant le génocide. Si j'avais su que..., j'aurais fait ceci....Si j'avais cru un instant que ... j'aurais certainement fait cela, ...Elle a continué sur ce ton avec beaucoup de hauteur, à travers une voix ferme et langoureuse à la fois, qui a fini par faire son effet sur certains coeurs (pour ceux ou celles qui en ont encore). C'était boulouversant, mais que voulez-vous ! A. Rurangwa
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