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L'un
des purs produits de la graine semée par Mgr Perraudin, son secrétaire
particulier devenu chef d'État, qui le restera pendant 12 ans de suite.
(il disait, lors de l'attaque des Inyenzi, en 1963 : Il y a des
Batutsi, vos frères, au Rwanda, vous le savez et vous vous le dites
certainement entre-vous. Si par miracle, vous deviez assiéger la ville
de Kigali, aucun de ceux-là ne serait là pour vous accueillir, croyez-en
ma parole d'honneur !). Le génocide ne date donc pas d'hier... ! Usome iyi baruwa ya Joseph Gitera sur la réconciliation entre Tutsi et Hutu |
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| Que s'est-il réellement passé pendant son mandat de plus de dix ans. Lui et son équipe ont-ils pu atteindre certains des objectifs pour lesquels ils s'étaient battus en 1959, dans ce qu'ils ont appellé, "Révolution Populaire" ? Pourquoi le pouvoir du nord les a-t-il laissé mourir dans des conditions plutôt unhumaines ? Étaient-ils à ce point dangereux pour la soldatesque de Karago, ou ont-ils été tués juste pour assouvir l'instinct animal de ces gens ? |
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Mémoires du Président Grégoire Kayibanda, publiées, à partir des carnets de notes de Grégoire Kayibanda lui-même et des témoignages de certains de ceux qui l'ont connu, par Baudouin Paternostre de la Mairieu , sous le titre de : Vie et mort de Grégoire Kayibanda, premier Président élu de la République rwandaise - du 26 octobre 1961 au 5 juillet 1973, Editions Tequi1994. Dans les années cinquante, un homme sort manifestement du lot des Rwandais, en la personne de Grégoire Kayibanda et joue un rôle de premier plan dans la conception, l'idéologie et la conduite de ce qui sera la Révolution rwandaise. Né en 1924, Grégoire Kayibanda sera à 25 ans, en 1959, à la tête de l'une des cinq forces socio-politiques qui changeront la société rwandaise; les cinq forces étant, l'ONU, l'administration belge de tutelle, l'Eglise catholique, l'élite tutsi et la masse hutu. Dans ses mémoires, on y apprend par exemple que la suppression de l'ubuhake, présenté partout comme un acte démocratique de la part du roi Rudahigwa, était, pour Kayibanda, une vaste escroquerie. En effet, que signifiait, fait-il observer, le partage des vaches sans partage des terres et des pâturages ? N'était-ce pas là, plutôt, une voie royale pour que le servage pastoral, officiellement supprimé pour plaire à la tutelle, se mue insidieusement en servage foncier ? Ces mémoires sont difficilement résumables en quelques mots, il faut les lire en entier. On nous permettra seulement de relever ici des éléments objectifs qui, d'après ces mémoires, ont changé le visage du Rwanda à la fin des années 50. Les années 1920 3 à 5 % de l'aristocratie tutsi tiennent toujours le peuple rwandais dans un système appelé ubuhake, une forme déguisée de l'esclavage du faible par le puissant du jour. La double présence de la Belgique et de l'Eglise catholique, depuis la fin de la première guerre mondiale, ébranle fortement l'ancienne organisation du pays, mais sans affecter beaucoup la vie quotidienne des campagnes en dehors du voisinage immédiat des missions chrétiennes, de leurs succursales et des centres administratifs ou commerciaux disséminés à travers le pays des mille collines. Il n'est reste pas moins qu'au sein de la société rwandaise, trois forces appréciables étaient désormais présentes, s'observaient et avaient commencé à interagir en profondeur à partir de leur « capitale respective » : Nyanza (le Roi du Rwanda), Kabyayi (siège de l'Evêché catholique) et Kigali (siège de Tutelle belge) Dès 1925, les moyens d'influence de l'Eglise s'étaient largement accrus du fait de la décision de le Tutelle de recourir à elle pour dispenser dans tout le pays, avec les subsides du budget public, l'enseignement et ses avantages inégalables. Le monopole de l'enseignement sera dans les faits un instrument terriblement efficace pour, en échange, convertir la population rwandaise à bon compte. L'administration belge de Tutelle, s'appuyant sur la hiérarchie indigène – indirect rule - devient un recours contre les injustices les plus criantes de la hiérarchie coutumière en recourant notamment à un code pénal écrit pour juger les matière graves de violations des droits de l'homme. Auparavant le Roi disposait du droit de mise à mort, le droit de glaive dont il usait et en abuser à sa guise.de par son pouvoir absolu. Malheureusement l'administration belge deviendra vite, à son tour, une source d'injustices pesant doublement sur le menu peuple taillable et corvéable à merci. Les années trente s'ouvrent sur un jeune nouveau Roi, âgé de 18 ans. Il succède, de par la volonté de la hiérarchie catholique à son père destitué en 1931, accusé de faire obscurantisme à la pénétration des idées chrétiennes. La politique de l'Eglise et de celle de la Tutelle belge se rejoignent en fait à cette époque et consistent à donner priorité à l'aristocratie tutsie « née pour commander comme l'oiseau naît pour voler ». Une année mérite d'être mise en exergue, l'année 1933 : cette année voit la création d'un organe de presse mensuel en langue rwandaise, le Kinyamateka (nouvelliste ), qui jouera un rôle majeur dans l'évolution des mentalités au Rwanda. Grégoire Kayibanda en sera rédacteur en chef de 1955 à 1959. Cet organe visait, d'après L de Lacger, à lutter pied à pied contre la mentalité ambiante dans le milieu du pouvoir traditionnel miné par le « vieil absolutisme païen, dissimulé derrière la profession de catholicisme, à combattre la dureté, les exactions et les abus du pouvoir, ses habitudes de corruption judiciaire, son libertinage sans frein aux des épouses de leurs client s » Les années 40 s'ouvrent avec la 2 ème guerre mondiale 1939-1945. Ces années voient le journal Kinyamateka être transformé en porte parole de ses lecteurs et des sans voix. Suite à une enquête lancée par la Tutelle en 1946 sur le système ubuhake , celui-ci est reconnu ni plus ni moins comme « une forme de l'esclavage déguisé . La population demandait qu'il faille y mettre fin. Toutes les fonctions de pouvoir, comme les bienfaits de l'école, restaient aux mains des membres des familles « bien en cours » du Roi et de ses Chefs, appartenant à la seule ethnie tutsi. Cela créait par là même, un fossé de plus en plus profond entre les privilégiés et le peuple et malgré la présence de la tutelle, les Chefs restent dans les faits, juge et partie, punissant, emprisonnant, tranchant à leur meilleure convenance les litiges de leurs administrés Les années 50 :L'avènement de l'Onu Ma génération, celle des années 1940, est arrivée à maturité en pleine révolution rwandaise. Elle en est donc forcément tributaire. Une révolution qui a été rendue possible par l'évolution du monde. Les années 50, avaient vu les Etats-Unis et l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques sortir grands vainqueurs de la deuxième guerre mondiale. Ils obligent les vielles puissances coloniales européennes affaiblies par la guerre, à ouvrir leurs colonies aux nouvelles puissances économiques montantes de l'après guerre. Mais vite, la guerre dite froide, s'installe entre l'impérialisme libéralo- capitaliste piloté par les Etats -Unis et l'impérialisme socialo-communiste piloté par l'URSS. L'ONU devient un instrument par lequel ces deux superpuissances mondiales régissent le monde. En réaction naîtra le mouvement des non alignés pour l'indépendance des colonies. L'Indonésie de Soekarno, l'Inde du Pandit Nehru, l'Egypte de Gaamaal Abdel el Nasser, et la Yougoslavie du Maréchal Tito en assurent le leadership. L'Onu devient une force avec laquelle il faut désormais compter. Revenons au livre de Baudouin Paternostre « Vie et mort de Grégoire Kayibanda, Pour vous mes frères » . Dans l'accord de Tutelle signé en 1946 avec la Belgique, il fut clairement question de « promouvoir dans l pays des institutions politiques libres grâce à une participation croissante des habitants aux services tant centraux que locaux de l'administration et aux organes représentatifs de l'administration de la population ». C'est dans ce cadre qu'un plan décennal de développement est mis sur pied, par la Belgique, pour la période 1950-1960. Grégoire Kayibanda entre en scène comme rédacteur à des revues comme AMI , K urerer'Imana et plus tard Kinyamateka en 1955 . Par ses écrits diffusés à travers la presse, Grégoire Kayibanda crée et conduit la conscience sociale de cette 5 ème et nouvelle force montante,le menu peuple rwandais majoritairement hutu taillable et corvéable à merci. Une conscience qui mènera ce peuple à sa propre libération. Grégoire Kayibanda est conscient de son action et de son influence « les petits m'aiment, m'estiment et m'écoutent » (p.84). Il prône que les élites restent au milieu di peuple de campagnes de façon à pouvoir éduquer par l'exemple et la parole. Su le plan économique il défend « la reconnaissance légale de la propriété foncière individuelle afin de mettre fin à cette constante inquiétante d'être privée de sa terre par les manigances de la coutume ». A propos de cette coutume Kayibanda réclame en permanence sa codification afin d'en limiter les abus excessifs et fréquents sous les faux prétextes d'unité nationale. Les jugements iniques, les corvées, les abus de toute sorte, étient réservés aux seuls membres d'ethnie hutu. Certains tutsi considéraient Kayibanda comme « plus progressiste que révolutionnaire et estimaient qu'il fallait discuter avec lui de ses idées dans la mesure où il récusait tout extrémisme dans un sens ou dans l'autre. Les Tutsi traditionalistes refusent et contre toute attente, ils publient un document appelé « Mise au point » à l'intention d'une mission de l'Onu, document que Kayibanda et ses amis considèrent comme malhonnête dans ce sens qu'il ne défend que les intérêts de l'aristocratie tutsi tout en prétendant parler au nom des Hutu aussi. Ils lui opposent aussitôt, en mars 1957, un autre document que l'histoire a retenu sous le nom de « Manifeste des Bahutu » La révolution est peut-être en marche à partie de cemoment là .Par son engagement dans une action politique en créant, en 1959, son propre parti politique –le Parmehutu- qui deviendra en 1960- le MDR- Parmehutu, Grégoire Kayibanda, conduira le peuple rwandais à la forme démocratique et à la Républicaine du pouvoir. Des institutions qui régissent toujours le du Rwanda, du moins dans la forme. La suite est connue comme nous l'avons vu dans d'autres chapitres de ce livre. Observation personnelle : J'ai toujours entendu et aujourd'hui je le lis sur ce net et ailleurs que le l'idéologie du parmehutu visait la libération des masses populaires taillables et corvéables à merci à l'époque par une petite minorité aristocratique tutsi. Désolé, mais le fait que les Hutu constiuuaient plus de 95 % de ces masses taillables et corvéables à merci ne peut pas être un reproché à fire à Kayibanda et aux autres leaders de l'époque. En ce moment là la libération de ces masses était un devoir légitime et démocratique . Shingiro Mbonyumutwa |
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