La réconciliation des victimes & des hutu gécocidaires


La réconciliation hâtive mise de l'avant par Kigali est vouée à accoucher d'une souris, si l'on ne corrige pas le tir. Elle n'est pas mauvaise, en soi, c'est même l'idéal pour notre pays. L'épine dans le pied, cependant, c'est que cette procédure s'avère viser un idéal qui ignore délibérément des étapes cruciales. On ne peut pas, aussi facilement, TIRER UN RIDEAU SUR NOTRE PASSÉ RÉCENT, c'est un combat perdu d'avance. Tout bon médecin, avant de soigner une plaie, doit éponger proprement le pus avant d'appliquer un pansement. Mettre un pansement par dessus une plaie mal nettoyée, c'est condamner votre patient à une gangraine, puis à l'ablation si pas à la mort.

À court ou à moyen terme, cette pratique risque d'être l'origine d'une confrontation interne entre deux grandes décisions qui ne laissera guère les gouvernements futurs nulle marge de manoeuvre, qui risque même d'obscurcir vos propres horizons, pourtant de bonne portée, à cette étape-ci de notre cheminement intérieur et international.

L'ÉLARGISSEMENT DES GÉNOCIDAIRES DONT LA SEULE CONDITION REQUISE POUR BÉNÉFICIER DE LA CLÉMENCE QUE J'APPELLE « IRRESPONSABLE », SE LIMITE À L'AVEU DES CRIMES DE GÉNOCIDE CONTRE LES TUTSI, ET CELA SUFFIT POUR RETOURNER DANS LEURS COMMUNAUTÉS RESPECTIVES D'ORIGINE, COHABITER AVEC LES RARES RÉSCAPÉS LÀ OÙ IL EN RESTE, SUR LEUR LIEU DU CRIME…!

Si nous devrions être conséquents avec nos faits et gestes, dites-moi en quoi ce qu'on voit, est-t-il si différent des autres formes de NÉGATIONNISME auquel on est confrontés, et contre lequel nous nous acharnons, en devoir de faire reculer en mémoire des nôtres ? À l'époque où les régimes hutu, tel qu'ils se sont succédés dans le fauteuil du pouvoir au Rwanda, TUER UN TUTSI n'a jamais été un crime, je ne vous apprend certainement pas.

Peut-on dire qu'il y a une différence, maintenant que le Président de la République Rwandaise n'est pas Hutu ? La tentation de dire oui est très forte, je sais ça, mais ce que je sais aussi, les gens oublient vite de considérer que cette conclusion est souvent influencée, dans une large mesure, par l'effet déformant du prisme à travers lequel vous observez le paysage politique rwandais.

SI VOTRE MATÉRIEL D'OBSERVATION A QUELQUES COINS ARRONDIS, la différence positive vous sautera aux yeux, ce n'est que normal, et l'objectivité vous manquera naturellement ! Si par contre, il y a un obstacle majeur (comme la faim qui humecte et assombrit chaque soir le regard de vos enfants), par rapport à la cible qui, elle, reste inchangée, vous n'y verrez que du feu ! C'est partout pareil, diriez-vous, plus ça change plus c'est pareil comme diraient nos amis Québécois. Pourquoi donc vous attendiez-vous à ce que le Rwanda fasse la différence à la triste réalité mondiale ? Du Canada en Afghanistan, en passant par les Etats-Unis et l'Europe, chaque citoyen a son prisme déformant, et chaque chef d'État a son côté putain qui lui permet de se faire acclamer, de toute façon, même quand il ne faisait que des bêtises. Bush, Chirac, Blaire, Paul Martin,….La liste serait bien longue si l'on rentrait dans leurs dédards.

Il est honnête, néanmoins, de reconnaître que certains des droits qui ne comptaient plus pour le peuple tutsi rwandais depuis fort longtemps ont été retrouvés, même si certains de ces acquits se sont vite retransformés en privilèges, dans certains cas. Et sachant, pour avoir souffert de la différence négative que LES PRIVILÈGES peuvent faire dans la vie de tous les jours, peu importe dans quel État du monde contemporain vous vous trouveriez. ...Des inégalités socio-écomico-politiques EXAGÉRÉES vous feraient mal. Il y a lieu de se dire qu'on est encore un peu loin du but.

Est-on, au moins, sur la bonne voie ? Personnellement si j'avais à me prononcer là-dessus, je dirais très franchement que OUI, et je défendrais, loin de tout fanatisme, mes raisons. Je ne suis pas en contradiction avec mes arguments, mais je dois reconnaître que malgré des énormités de certains cas et de certains individus, "la réconciliation entre-autres", le cheminement positif dans son ensemble, si violent soit-il, a su remonter une cote raide, de façon spectaculaire.

Dix ans après le génocide, ce n'est pas beaucoup, il va falloir que nous en prenions bonne conscience. Après le chao, on voit certaines gens renaître de leurs cendres, mais aussi, et ceci est dramatique, on voit ceux qui naissent de la cendre des autres ! Compliqué tout ça ? Oui en effet, mais c'est la réalité universelle; il ne faut pas, dès lors, exiger ni attendre du gouvernement rwandais une perfection qui n'existe nulle part ailleurs, même que ces autres dont on parle n'ont pas eu de génocide chez-eux, et que cela ne les empêche pas de faire piètre figure. La crotte est partout, il en a même un peu moins chez-nous malgré tout.

Le génocide des Tutsi a fait beaucoup de dégâts, physiques et moraux, certaines personnes en payent le prix encore, pendant que d'autres se cachent derrière cette fragile accalmie pour profiter des avantages du vide. Oui le vide n'est pas si vide que nous le croyons. Vous voulez la preuve ? Here you are :

Comment peux-tu t'acheter un avion, te construire un château, conduire un limo, te prélasser dans un bateau de sport, juste à côté d'un enfant qui n'arrive pas à manger, qui ne va pas à l'école et qui ne peut pas se soigner ? Le vide n'est pas si vide que ça, force est de l'admettre, sans me chercher querelle et sans compliquer inutilement le débat. Il est impératif que le pays se remette en route pour ne pas donner raison aux génocidaires et leurs alliés malheureux qui veulent nous voir à genous, CE PARI A ÉTÉ GAGNÉ, BRAVO FRANCHEMENT À NOTRE PRÉSIDENT Paul KAGAME.

Mais rien n'y fait, quand on se met en route en passant son tracteur sur des corps de nos parents encore non enterrés, sur des enfants affamés, quand, par dessus tout, on donne l'opportunité aux hutu génocidaires de cracher encore dans la figure des tutsi rescapés au nom de la réconciliation, c'est un signe avant-coureur de malédiction qui s'abattra sur notre peuple, c'est une brèche qui s'ouvre sur un avenir deux fois plus douteux, que personne ne fasse semblant s'être surpris des réactions de méfiance qui fuse de partout. C'est le désespoir, c'est la douleur, c'est tout ça qui fait ça, on s'entend là-dessus.

Il est tout aussi vrai que notre pays n'est pas en mesure de maintenir en prison 100 mille hommes improductifs qui mangent seulement, et qui mangent beaucoup, c'est un fait. La solution ne peut pas être, non plus, de les laisser partir aussi facilement !

C'est dédaigner la survie notre peuple, c'est mépriser nos morts, c'est avoir une vision étroite de l'avenir de nos enfants qui, de toute façon, devront vivre ensemble, hutu et tutsi, avec ou sans carte d'identité à mention. C'est rendre un mauvais service à notre belle région des Grands Lacs, c'est trahir les bons objectifs de notre ligne directrice d'antan. En voulant élargir les prisonniers coupables de génocide, on élargit au contraire, le fossé qui sépare chaque jour davantage, les Hutu des Tutsi.

Comment peut-on décréter une loi aussi lourde de conséquences, sans baliser le drame qui devra ultimement s'en suivre ? Une loi aussi mal faite, atroce, qui anéantit l'espoir du plus vulnérable, qui foule aux pieds le minimum du bien-être du monde éprouvé par le génocide, ne peut apporter que rancoeur et amertume. Est-ce que le Conseil du gouvernement rwandais, le Parlement ou le Sénat, ont-ils pris le temps nécessaire d'évaluer l'impact de la fausseté d'une telle décision ?

Je n'ai pas de solution-miracle, moi non plus, je sais combien s'est délicat de choisir entre « garder un innocent en prison ou risquer de laisser un coupable en liberté », mais toujours est-il que la mise en application du décret-loi sur la réconciliation, au Rwanda maintenant, est un jeu dangereux pour l'ensemble du pays.

Je ne sais pas ce que vous en pensez-vous, mais j'ai bon espoir que les décideurs rwandais finiront, un bon jour, par se désabuser, car il n'est jamais tard pour changer d'avis, surtout quand c'est dans le bon sens. Le cas contraire, malheureusement, nous conduit inéxorablement vers une autre catastrophe. Pourtant, d'autres solutions avaient été proposées aux autorités rwandaises, dont une encore de fraîche mémoire dans ma tête, et dont j'ignore dans quelles mesure elle aura été explorée.

Emprisonner ces gens dans de petites unités locales (cellules), au lieu de créer des mégas prisons insalubres, sous la loupe du monde occidental, vos bailleurs de fonds. C'est ce que je propose:

Je l'ai suggéré à une haute autorité qui était de passe ici, il y a quelques temps. Faire travailler ces prisonniersà divers niveaux d'intérêt public : Dans des champs publics, à la propreté des villes du pays, construction des villages, drainage des marécages pour la production continue des agrumes, élevage intensif du petit et du gros bétail, réparation des pots qu'ils ont cassés, RÉADAPTATION intensive aux normes de vie moins bestiale, avant de les relâcher en milieu de leur proies affaiblies et sans défense.

Étant donné que le travail ne peut faire que du bien dans tous les sens, en faisant travailler ces prisonniers tout le monde y gagne :

Ils n'auraient jamais des articulations rouillées (rhumatisme);

Ils mangeraient à la sueur de leur front, et le surplus irait sur le marché, puis un certain pourcentage de ce surplus irait dans leurs poches comme le faisait l'ancien régime de Habyalimana;

Ils se sentiraient sanctionnés et regretteraient constamment leur cruauté, pendant leurs corvées obligatoires, devant leurs victimes rescapées, la seule façon de leur apprendre à respecter la vie. On parle ici de la 3ième et de la 4ième catégorie, tel que défini par Gacaca.

Cette force négative serait transformée en énergie positive, profitable à toute la nation;

La réconciliation «hutu-tutsi» se ferait en douceur, et non avec une brutalité du décret-loi en vigueur, en ce moment, qui paraît inéxplicablement très pro-génocidaire.

Comment ça se passerait concrètement :

Avec moins de budget que celui utilisé présentement à leur maintien en des mégas prisons, l'État effectuerait tous les changements nécessaires et appropriés à ce genre de proposition. J'estime qu'étant ce qu'il est par nature, notre pays se doit d'être inventif et innovateur à tous les niveaux, au nom de la survie. Minutieusement, on formerait de petits groupes d'élite locale, supervisés par les commissions déjà existantes «DE GACACA DANS TOUTE SA CONCEPTION », de village à localité. Dès lors, il reviendrait à ce Conseil local (et à lui seul), d'évaluer, pour avoir suivi pas à pas leur comportement, le rôle décisionnel sur le comportement, l' attitude et le progrès relationnel des prisonniers dans chaque comté, puis de faire un rapport détaillé, CAS PAR CAS au Ministre qui a la Sécurité Intérieure dans ses attributions, APRÈS X TEMPS, EN RÉCLAMANT LA LIBÉRATION D'UN TEL, OU EN RECOMMANDANT LE MAIENTIEN EN PRISON D'UN TEL AUTRE....

Cette libération progressive et qualitative, (si j'emprunte ces mots-là), localement sous-pesées et balancées, ne ferait jamais l'objet de contreverse, en autant que les autorités des autres champs de compétence n'y mettent jamais leurs gros sabots d'influence partisane.

Dès réception du rapport de ce Conseil, le Ministre de l'Intérieur dépêcherait ses propres équipes pour s'assurer de la conformité de cette demande d'élargissement éventuel d'un ou des détenu(s). Dans ce seul sens, moi je pourrais dire que les procès collectifs GACACA auraient atteint leur but et joué leur vrai rôle. Même si je ne fais que réfléchir à haute voix, je suis convaincu que cette procédure ferait une ÉNORME différence, étant donné qu'il reviendrait aux gens du village de décider, EUX-MÊMES, qui RÉINTÉGRER et QUI GARDER EN DÉTENTION, puisqu'ils auraient eu la chance de les observer EN PROCESSUS DE REPENTIR, et dans leurs efforts de se refaire une vie plus ou moins normale.

Sinon, je dois vous répéter qu'il est dégradant et même cruel d'imposer des gens désespérées à vivre quotidiennement avec ceux qui les ont tuées AU NOM DE LA RÉCONCILIATION, pendant que leurs plaies ne sont même pas encore refermées. Le cas troublant et révoltant de Madame Odette, diffusé sur RDI, dans lequel on impose cette pauvre femme de quitter le mari qui l'a récupérée et qui l'aime, qui aime aussi ses enfants, dont on oblige maintenant de retourner vivre encore avec son ancien mari génocidaire, un monstre qui a tué ses beaux-parents, c'est une honte à la communauté nationale et internationale. C'est une bévue. Pourquoi ce juge pense-t-il que Mme Odette n'a pas le droit au bonheur, elle qui semble étrangement avoir retrouvé un certain équilibre auprès de son nouveau protecteur dévoué ? Est-ce que la loi sur le mariage prévoit réellement ce genre de choses, où c'est juste un juge véreux, pardon, "zéleux" qui abuse de tout, dans la vie privée de Odette?

Avez-vous suivi, il y a quelques semaines, les débuts combien hésitant de la réconciliation entre les Français et les Allemands pendant la cérémonie du 60ième anniversaire ? Quelle leçon en avez-vous tirée vous ? Si au moins, les gens qui ont échappé la machette pouvaient décider d'aller vivre ailleurs, loin de leur tueurs, le gouvernement prenant en charge tous les frais de réinstallation, puisqu'il tient tant à cette maudite réhabilitation de la masse criminelle.

Je ne veux pas revenir à la notion médiocre de "Tutsi-land" et de "Hutu-land" qui a déjà été envisagée par nos ennemis occidentaux, mais à quelque-chose malheur est bon. Je crois que tout le monde pourrait adopter alternative avec toutes ses mauvaises conséquences, AU LIEU DE VIVRE DE FORCE, AVEC DANS SA COURT, UN TUEUR DE TES ENFANTS. Il est vrai, on peut choisir ses amis, mais on ne choisit pas ses voisins !

Conclusion :

Je suppose qu'il est de la responsabilité du Président de la République, Son Excellence Paul Kagame de :

•  Protéger, avec équité et intégrité, les veuves et les orphelins du génocide des Tutsi.

•  Mettre un frein à une certaine folie de certains individus, dans le secteur de la loi, ceux qui pensent que tout est permis. Pour le reste, je suis personnellement très optimiste, car je crois que le gouvernement fait sa job, même plus qu'il n'est n'était escompté, n'uko rubanda tutanyurwa. So please, I beg you, REVOYEZ LE DOSSIER DE LA RÉCONCILIATION, IL FAIT TROP DÉGÂTS.


Retour au babillard

Du coup, vous lirez ceci : La rédition du Gén. Rwarakabije