. Comme un éléphant, ...Arafat est mort...! . |
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Dès qu'il arrive à cette place, ce vieil ami se met à danser dans tous les sens, de toutes ses dernières forces, tout en traçant un grand cercle autour de lui à l'aide de sa trompe et de ses pieds lourds. Son compagnon le regarde, effaré, sans rien y comprendre… Quand il essaye de rejoindre son ami à l'intérieur du cercle, il se voit vigoureusement refoulé à coup de trompe, à l'extérieur du cercle, avec mélancolie. Pour lui faire comprendre que même LES PLUS BONS AMIS DOIVENT SE LAISSER, en un moment donné, quant bien même ceux-ci auraient traversé la vie, côte à côte, pendant des siècles. Donc, il continue de tourner sur lui-même, il tourne sans arrêt, sans contrôle. Soudainement il s'arrête, étourdi probablement, puis s' effondre dans un fracas douloureux de ses vieux os brisés, au centre de son cercle. Il sait que tout est fini, et c'est alors que son compagnon peut décoder le message. En signe de respect, il veille à la dépouille de son vieil ami, mais ne tentera pas de s'approcher de ce géant, il se rappelle qu'il lui en avait interdit, même s'il reste là encore pendant de longs moments. Triste et malheureux, il finit par se résigner aux réalités de la vie, et va rejoindre le reste du troupeau, ayant tout juste appris et retenu une leçon de vie ; quand son tour viendra, (et il vient toujours, à 75 ou à 200 ans). Dans tous les cas, il se souviendra de faire exactement comme le patriarche, afin de perpétuer la belle tradition. Personne, chez les éléphants, n'a le droit d'interrompre le cycle. Quelle belle histoire. J'ai ressassé toute cette histoire que j'ai entendue, il y a plus de 25 ans, dans la bouche de mon professeur, au moment où j'avais une pensée très émue pour ARAFAT, ce vieillard qui vient de s'éteindre sans avoir vu la couleur de la paix de son peuple, ni planté les bornes du pays pour lequel il a consacré sa vie. Par tous les moyens (les bons et les mauvais), Il a LUTTÉ pendant plus d'un 1/2 siècle, il a connu des échecs parfois monstrueux, il a fait des erreurs et des dégâts à n'en plus compter, mais son but, sa détermination et sa persévérance ont toujours été les mêmes, jusqu'à avant-hier, à un âge très respectable malgré tous ses déboires et péripéties. Comme tous les éléphants, il s'est choisi un endroit pour mourir, la terre française. Pourquoi la France? Était-ce un geste fortuit ou délibéré ? A-t-il voulu laisser un message ? Lequel et à qui ? Après tout, Mr. Jacques Chirac n'est-il pas le seul chef d'État, ou presque, des pays du G9 qui a le mieux essayé de défendre la cause de la Palestine sur les grandes tribunes, à travers ce paternel qui vient de disparaître, emportant avec lui ses espoirs inassouvis et ceux de son peuple ! Mr Arafat savait, son entourage savait aussi, qu'il ne rentrerait pas vivant de ce qui devait être son dernier voyage … Pourquoi a-t-il donc choisi de partir, au lieu de laisser la mort s'accaparer de son corps frêle et menu au fond de son terroir à Ramallah où le duo Bush-Charon l'avait confiné ? Qu'est-ce qui risque d'arriver maintenant que cet homme n'est plus ? Ariel et son godfather, GWB, vont-ils enfin se résoudre à mettre plus d'eau dans leur bain de sang ? Jacques Chirac, au cas où il aurait décodé le message de son curieux héritage, parviendra-t-il à convaincre ses compères d'avancer dans la direction moins tordue et moins partiale vis-à-vis du puzzle oriental, cette terre de JÉHOVAH ? Que pourra y faire le successeur de Jacques Chirac? Pourquoi dis-je tout ceci ? Parce que la vie de cet homme ressemble, à plus d'un titre, à celle des Tutsi du Rwanda. Pensez un peu à Fred Rwigema: - Comme tous les héros, à l'instar de Moïse de la Bible, il n'a pas pu non plus manger des fruits qui poussent dans le pays de Gasabo, il n'a pas eu cette chance, comme tous les héros, de voir son rêve de toujours se concrétiser, celui de ramener son peuple chez-lui, cause qui ne l'a jamais quitté, cause pour laquelle il a LUTTÉ, et cause pour laquelle il a donné son sang, jusqu'au dernier souffle. C'est clair dans mon esprit, ce vieillard est un héros même si je ne suis pas Palestinien. À force de regarder les grandes chaînes de télévision, ces temps-ci, j'ai constaté à quel point le monde occidental est malhonnête. Ils s'empressent tous à exhiber les mérites et la bravoure de Mr Arafat, mais de son vivant, ils l'ont tous traité de terroriste, de malfrat, tout simplement parce que c'était le langage de Mr Bush. Comme aurait dit Mobutu, le monde finira un jour par se demander, qui terrorise qui ? En fait, en mettant bout à bout, tous les ingrédients qui caractérisent un terroriste, ce n'est pas Arafat qui porterait le flambeau, et ce n'est pas la Palestine qui serait un État voyou, elle qui n'est même pas un pays ! Tels les Tutsi chassés de partout ou confinés dans des camps de misère, nourris aux haricots qui sentent la vermine, distribués dans des sacs estampillé "FBI OU PAM", les Palestiniens souffrent exactement le même calvaire. J'ai vu les femmes s'arracher les cheveux, désespérées, pleurant la mort de ce grand homme, j'ai vu les soldats, les Visirs et les Princes haut de gamme, ainsi que les dignitaires politiques se réveiller devant le départ innattendu d'Arafat. Trop tard....En fait, il est toujours trop tard. Les louanges qu'on adresse aujourd'hui à celui qu'on traitait de véreux hier, me prouve encore davantage combien le monde est croche. Il est si pénible de voir les gens (les Tutsi) au demeurant, abandonner la lutte, quelles que soient les raisons, alors que l'accalmie qui se vit actuellement est le résultat de la persévérence. Qui aurait crû qu'un jour.... Je ne veux pas savoir vos prétextes, ni le mobile de votre déception, j'en ai les miens et ils me suffisent, mais cela n'explique en rien votre attitude négative. Pensez à Arafat qui n'est plus, il a lutté beacoup, il a été décu 1000 fois plus que quiconque, sur toute la ligne, mais cela n'empêchent pas ses gars de continuer d'attaquer les chars de combat à coup de pierre. Ils ne lâchent pas. Pourquoi toi tu abandonnerais parce que tu es déçu ? Est-ce une raison suffisante ? As-tu déjà choisi ton cercle, si tu considères que tu es un éléphant ? Qu'en est-il pour tes enfants ? Une Patrie, c'est très PRÉCIEUX..Dites-vous ça tous les matins, répète-le autour de vous. Uzaba wikoreye ! Bon repos à ce vieillard, il l'a
mérité, dans le vrai sens du mot.
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