Ne manquez pas ça !

..Où en est-on avec les procès d'Arusha ? - Inkiko za Arusha aho bigeze ubu ! (Jan. 2004)
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Dans ce même article :

Témoignages de Roméo Dallaire, par Allan Thompson (Toronto Star)

Roméo Dallaire veut-il brouiller les pistes ? Histoire de Robin Philpot

Le Pr Pierre Trudel réussira-t-il à faire taire les balivernes du négationniste du siècle, Robin Philipot ? Je l'espère.

Note importante :
Ceux et celles qui sont loin du Canada, ne manquez pas de lire ces articles du DEVOIR : Vous remarquerez que nous avons besoin d'un peu plus d'intellectuels, comme le Pr Pierre Trudel, afin d'éduquer les ignorants, analphabètes nouveau genre, comme R. Philipot.

L'histoire que raconte M. Robin Philipot est non seulement troublante, aliko inatuma umuntu yibaza byinshi, nubwo bizwi neza ko ari umunégationniste wiyemeje guhakana ko nta génocide y'abatutsi yabaye mu Rwanda.

Mwaba mumaze kubona ibitabo yandika, dont : "Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali" (Les Intouchables, 2003). Ese mwe mwari musanzwe muzi umugabo witwa Booh-Booh ? Quel a été son rôle exact au Rwanda, en 1994 ? Iriya face à face tuyiteze ho byinshi !

Nkuko abenshi mubizi, urukiko rwa Arusha (TPIR) rumaze imyaka itari mike (8) rutangiye akazi ko gucira imanza interahamwe n'abo bafatanyije kurimbura ubwoko bwacu. Imikorere y'urwo rukiko irimo byinshi by'ingora-bahizi, hari mo ibyumvikana, ibitumvikana, n'ibitera agahinda k'inyongezo nkaho agasanzwe kadahagije. Nkuko bigaragalira kuri tableau ikurikira, yerekana abamaze gufatwa n'abakatiwe, nibake cyane urebye ampleur y'icyaha.

Budet bakoresha nayo ubwayo, ni nini cyane kuburyo umuntu atabura kurusha ho kugira akababaro, iyo utekereje ko nta na kimwe cya gatatu cy'ayo mafaranga yaba yarahawe imfubyi atanzwe na Loni kugira ngo ziyungunganye, zirebe uko zaryanya urupfu rwa kabiri.Gushyira urwo rukiko Arusha, ubwabyo ntabwo jye nigeze menya impamvu nyayo yabiteye. Ngo baba baritwaje ko nta mutekano abacamanza bari kugirira mu Rwanda. Ibya bitugarura kuri cya gitekerezo cya Alison des Forges, wagize ati (le Rwanda est trop loin, trop pauvre et trop noir pour signifier quoique ce soit dans la balance du monde du Nord).

Kuri jye, n'urwitwazo rudafatika, kuko Tanzania itari sécuritaire kurusha u Rwanda. Ikimbabaza jyewe, n'uko iyo izo nkiko zibera i Rwanda, byari gufasha igihugu ibintu bibiri bikomeye cyane :

1) Retombées économiquesNkuko n'ubundi nigeze kubivuga ho hambere, Abanyarwanda benshi bari kugerwa ho nariya matindi y'amadolari, ubu aba acircula mugihugu cyose cy'u Rwanda aho kwigumira muri TZ : Amahoteli yacu aba ahora yuzuye ndetse harubatswe andi, imodoka zikodeshwa n'abahisi n'abagenzi zarikubye kenshi, abavoka bacicikana, les curieux, les touristes, abakozi bahembwa mu madevises (kuva kubato kugera kubakuru), ibicuruzwa (ibiribwa n'ibinyobwa)...

2) Korohereza abatemwe (les témois)Imanza zose, ari iza génocide cyangwa izindi, zikenera abatémoins. Or, abatemoins ba ziriya manza ntabwo ari Abatanzaniya, n'Abanyarwanda. Babikoze uko bishakiye, aliko jye mbibona mo agasuzuguro nkuko basanzwe badusuzugura. Leta yacu nayo ubanza yarahise mo kumva ko ziriya manza ntakizava mo, igaterera iyo, ngirango ahari iyo iza gukomeza pression nkuko yari yabitangiye, bari kuger'ubwo barwimurira i Rwanda. Sécurité bavuga bafite muri TZ, rwose ntayo baburana Abasilikari bacu, kandi bashaka banazana n'abacancuro babo ba Loni.Reka no kubatera umwanya, ndeke mwisomere izi commentaires z'abazobereye mu makuru no muri politique, surtout iz'abakunda agapfa nka Philipot.

Arthémon Rurangwa


Le drame rwandais - Roméo Dallaire veut-il brouiller les pistes?

Quelle question... ! la honte ne tue pas

Participant à l'émission Le Point de Radio-Canada le 14 septembre 1994, soit une semaine après son retour du Rwanda, Roméo Dallaire a répondu à la question suivante posée par un Rwandais: «Est-ce que selon vous, il y a eu un génocide au Rwanda, c'est-à-dire l'exécution d'un plan pour éliminer l'ethnie tutsie du Rwanda?»

La réponse du général était on ne peut plus claire : «Moi je dirais qu'il y a eu génocide national, mais un génocide de philosophie politique, non pas purement ethnique. Beaucoup de Hutus comme beaucoup de Tutsis ont été tués... Je pense que le débordement qu'on a vu a été au-delà de pouvoir être conçu. Mais jamais, je pense, personne n'aurait pu planifier l'ampleur du débordement.» De même, le 28 mars 1994, une semaine avant l'attentat du 6 avril contre les présidents Habyarimana et Ntaryamira du Rwanda et du Burundi qui a déclenché les massacres, le général Dallaire a exprimé exactement les mêmes doutes quant à l'existence d'un «master plan qui viserait une confrontation» lorsqu'il a briefé des ambassadeurs de pays concernés aux bureaux de l'ONU, à New York (note de l'ambassadeur belge P. Noterdaeme au ministère des Affaires étrangères). Aujourd'hui, près de 10 ans après, le même général signe un livre (J'ai serré la main du diable, Ed. Libre Expression) dans lequel il dit en conclusion : «la responsabilité du génocide rwandais incombe exclusivement aux Rwandais qui l'ont planifié, commandé, supervisé et finalement dirigé». Et il le répète dans presque toutes les 700 pages de son livre, soit par insinuations et allusions, soit par accusation directe.

Or il n'y rien dans son livre qui permet de conclure qu'il y a eu planification de génocide, comme il n'y a rien dans la preuve présentée depuis huit ans de procès au Tribunal pénal international sur le Rwanda à Arusha. Qui croire : le Dallaire qui répond spontanément au lendemain de son retour du Rwanda ou le Dallaire de l'histoire officielle présentée dans un livre écrit par une équipe, d'abord en anglais avant d'être traduit en catastrophe vers le français ?

Des questions

En fait, le long récit signé par Roméo Dallaire ne fait malheureusement que reprendre les très nombreuses idées reçues au sujet de la tragédie rwandaise, tout en épaississant le brouillard sur plusieurs éléments critiques. Lorsque le général témoignera devant le Tribunal le 19 janvier, il serait intéressant de voir comment lui et son récit résisteront au contre-interrogatoire serré des avocats de la défense.

Malheureusement, les médias ne s'intéressent qu'aux décisions, jamais aux procès. Ce sera, en effet, la première fois qu'on l'interrogera vraiment et à la lumière de ce qu'il a signé dans un livre. Alors qu'on aurait espéré qu'au moins un journaliste du Québec, ou du Canada, lui poserait quelques questions difficiles sur son rôle au Rwanda, tous ont manifesté une complaisance étonnante, lui permettant s'épancher librement sans jamais le contredire.Une tragédie d'une telle ampleur exige autre chose que la complaisance. Voici donc quelques questions auxquelles le général se doit de répondre : Au Rwanda, contrairement à ce que l'on dit erronément, Roméo Dallaire n'était pas le chef de la mission de l'ONU, mais seulement le commandant de la composante militaire. Jacques-Roger Booh-Booh, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, était le chef de la mission. Alors que Roméo Dallaire, de son propre aveu, ne savait pas où se trouvait le Rwanda avant d'y aller en 1993 et ne connaissait rien en politique, M. Booh-Booh était un diplomate camerounais chevronné, ayant été ambassadeur de son pays notamment en URSS (15 ans) et en France (4 ans) et ministre des Affaires étrangères.

Pourquoi Dallaire s'est-il permis d'enfreindre les règlements les plus élémentaires d'une mission de maintien de la paix -- et de s'en vanter (p. 272 de son livre) -- en communiquant directement, par-dessus la tête de son chef, avec son ami le général Maurice Baril à l'ONU ainsi qu'avec le chef des missions de maintien de la paix, Kofi Annan ?

N'est-il pas venu à l'esprit du général canadien que M. Booh-Booh, même en étant Africain, pouvait comprendre mieux que lui les complexités de la politique rwandaise et des relations internationales en Afrique ? Ne sait-il pas que la meilleure façon de miner une mission est de contourner le chef et surtout de le faire savoir à l'une des parties à la guerre ?

N'est-ce pas aussi la meilleure façon de se faire manipuler, en l'occurrence par le l'armée du Front patriotique rwandais (FPR) ? À voir ce comportement, il n'est pas surprenant que la France ait demandé officiellement au Canada de le destituer du poste de commandant militaire, et ce, même avant le début des massacres.

Pourquoi le général Dallaire a-t-il manifesté un parti pris flagrant en faveur de l'armée du FPR ? Si des doutes persistaient à ce sujet, le livre de Dallaire les fait disparaître. Dallaire a accepté de coucher au quartier général du FPR à plusieurs reprises. Sa sympathie à l'égard des dirigeants de cette armée ressort clairement. En racontant son départ du Rwanda, Dallaire rappelle chaleureusement la soirée passée pendant la catastrophe avec Pasteur Bizimungu, dirigeant du FPR et futur président : «Après avoir évoqué nos discussions à Mulindi [quartier général du FPR], où nous causions entre amis, tard dans la nuit, nous avons terminé la rencontre de manière officielle, du personnel circulant un peu partout autour de nous.»

Une mission de l'ONU a l'obligation suprême de rester neutre. De toute évidence, Dallaire n'était pas neutre. De plus, il nous informe sans broncher qu'il fournissait des renseignements militaires sur l'armée rwandaise au chef militaire du FPR, Paul Kagame. Le texte qui suit, tiré de la version originale anglaise, est curieusement absent de la traduction française : «I also ensured that the existence of these officers was passed on to Kagame so that RPF would realize there were moderates they could potentially work with inside the present security forces» (p. 121 de Shake hands with the devil). En dire plus sur l'attentat De même, la façon dont Roméo Dallaire traite deux événements parmi les plus importants de la tragédie rwandaise laisse croire que son but est de brouiller les pistes, et non pas d'élucider les causes. Ce sont l'invasion du Rwanda en octobre 1990 et l'assassinat du président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994. Sans invasion, sans attentat, il n'y aurait pas eu de massacres en 1994.

La guerre au Rwanda a commencé par l'invasion du pays, le 1er octobre 1990, par des régiments entiers de l'armée ougandaise : 4 000 hommes de troupes, des officiers supérieurs, un ancien ministre de la Défense, un chef des renseignements militaires de l'Ouganda, tous aguerris par des années de guerre en Ouganda. Au moment de l'invasion, le futur chef Paul Kagame, que Dallaire qualifie d'«homme extraordinaire», était en formation militaire à Fort Leavenworth, dans le Kansas, aux États-Unis. Pourquoi le général Dallaire, militaire jusqu'au bout des ongles, occulte-t-il cette invasion ainsi que l'origine des envahisseurs ? Voilà comment il les décrit : «Alors que nous cheminions dans ce paysage bleu-vert [vers Mulindi], mes pensées allèrent vers Paul Kagame, le chef militaire du FPR. J'étais curieux de rencontrer l'homme qui avait réussi à transformer une horde de guerilleros loqueteux en une force capable de donner à deux reprises du fil à retordre aux soldats français sur le terrain.» (p. 100). Pire encore est son traitement de l'attentat du 6 avril.

Comment peut-il, lui un militaire, continuer à qualifier d'«accident» ou d'«écrasement» l'attentat au missile sol-air contre l'avion qui transportait les présidents du Rwanda et du Burundi, attentat qui a déclenché le cataclysme ? Surtout que le missile a été tiré d'un endroit dont Roméo Dallaire avait la responsabilité, la KWSA (Kigali Weapon Secure Area). Pourquoi, dans un livre de 700 pages, cet attentat ne mérite-t-il pas plus que quelques paragraphes ? Pourquoi ne donne-t-il pas sa version de cet attentat qui n'a toujours pas fait l'objet d'une enquête internationale ? Pourquoi ne pèse-t-il pas les diverses hypothèses à ce sujet ? Notons que l'enquête française menée par le juge Bruguières, qui devrait incriminer le FPR pour cet attentat, sera déposée en janvier.

Par ailleurs, Roméo Dallaire décrit ses pensées, pour le moins surprenantes, le 6 avril lorsqu'il participe à la réunion du Comité de crise établi à la suite de l'attentat : «La présence de Bagosora ébranlait le maigre espoir que j'entretenais : celui que ce coup d'État -- si coup d'État il y avait -- ait été planifié par des éléments modérés de l'armée et par la Gendarmerie.» Ce surprenant «espoir d'un coup d'État» par les éléments que Dallaire qualifie de «modérés» l'a-t-il aussi poussé à refuser les consignes du Comité de crise et à faire amener, par les troupes de l'ONU, la première ministre Madame Agathe Uwilingiiyimana à la radio rwandaise pour s'adresser à la nation ?

Pensons-y ! Le président du pays et le chef de l'état-major de l'armée sont tués. Roméo Dallaire, qui ne connaît rien en politique, passe outre au Comité de crise, décide qui devait prendre le pouvoir et parler à la nation, même si, selon un récent témoignage d'un témoin à charge, Mme Agathe Uwilingiiyimana ne voulait pas aller à la radio elle non plus. Cette question en amène une autre plus grave.

Est-ce que Roméo Dallaire agissait seul ou recevait-il des ordres de quelqu'un d'autre ? Au nom de l'histoire et de la vérité, le général Dallaire doit répondre à cette question et à plusieurs autres.

Robin Philipot
La flèche est décochée avec précision, j'ignore l'état du coeur de la cible... Après coup!


Pour qui sait bien lire, les réponses aux questions que pose Robin Philpot à Roméo Dallaire dans Le Devoir du 7 janvier se trouvent tout simplement dans le livre du lieutenant-général à la retraite. Derrière ces questions se profile l'argumentaire de ceux qui se défendent de l'accusation de génocide devant le Tribunal pénal international sur le Rwanda. C'est cousu de fil blanc. Et surtout, péniblement, cela mène à la négation du génocide rwandais.

Pendant trois mois, en 1994, environ un million de Rwandais ont été tués. Il s'agissait principalement de Tutsis, tués parce qu'ils étaient des Tutsis. Il s'agissait aussi de Hutus qui s'opposaient au génocide ou qui ne voulaient pas y participer. Il y a aussi eu les morts de la guerre civile et ceux des crimes contre l'humanité du Front patriotique rwandais (FPR) et de l'armée gouvernementale rwandaise. Cependant, comment expliquer ce passage à l'acte d'une grande partie de la population rwandaise, qui a mené au génocide des centaines de milliers de Tutsis, réalité qui, bien qu'en étroite relation avec ce qui existait au préalable au Rwanda, s'en distingue malgré tout par l'ampleur du phénomène et par son caractère systématique ?

Ryszard Kapuscinski, un journaliste qui a agi comme reporter en Afrique depuis 1957, réussit l'exploit d'expliquer simplement et clairement l'histoire du Rwanda qui mène au génocide dans un des textes de son livre, Ébène, publié chez Plon. Au Burundi et au Rwanda, écrit-il, il existe des massacres coutumiers. L'indépendance du Rwanda en 1962 se conjugue avec une révolution sociale. La grande majorité hutue se libère de la domination d'une oligarchie tutsie.

Dans cette foulée, des massacres contre la population tutsie sont perpétrés et une partie d'entre elle quitte le pays. Cette victoire sur ce régime féodal laisse cependant un goût amer. Les Hutus savent que les Tutsis vont vouloir se venger de ces massacres. Avec le temps, à tort ou à raison, la paranoïa s'installe. Les Hutus croient que le pays est en quelque sorte encerclé par des réfugiés tutsis pendant qu'existe une cinquième colonne, composée de la population tutsie qui vit à l'intérieur du pays. À ces tensions politiques s'ajoutent un contexte de manque de terre dans un petit pays en pleine croissance démographique ainsi que des massacres de Hutus en 1972 au Burundi voisin, qui prennent une ampleur inégalée.

Jusqu'au bout

Ceux qui ont donné l'ordre de mettre en oeuvre le génocide, dans le contexte d'une guerre, ont tout simplement lancé l'idée suivante : il ne faut pas de nouveau commettre l'erreur de massacrer une partie des Tutsis et de pousser les autres à quitter le pays car ils reviendront, comme le fait le Front patriotique rwandais. La solution consiste cette fois-ci à aller jusqu'au bout, c'est-à-dire à les éliminer pour que l'histoire ne se répète pas.

Les témoignages rapportés par Jean Hatzeld dans Une saison de machettes (Seuil) montrent comment ceux qui sont actuellement emprisonnés et accusés de génocide au Rwanda ont établi une distinction nette entre les massacres précédents et ce qu'ils ont fait pendant trois mois en 1994. Tous ont été invités à participer au génocide. Cette fois-ci, il fallait exterminer les Tutsis. Il n'y avait plus de limites.

L'horreur des témoignages présentés dans ce livre, ainsi que d'autres témoignages (voir le compte rendu du procès intenté contre des religieuses rwandaises en Belgique au site www.assisesrwanda2001.be/index.html), permet de situer aisément le livre de Robin Philpot, Ça ne s'est pas passé comme ça à Kigali : il s'agit d'une entreprise répugnante de négation d'un génocide. Même si cela se fait au nom d'une analyse politique. Philpot nie le meurtre systémique de centaines de milliers de Tutsis parce qu'ils étaient des Tutsis.

Son insensibilité le mène à écrire que les problèmes de santé mentale de Roméo Dallaire découlent de l'obligation de mentir et non du fait qu'il a vu et vécu le génocide (Philpot, page 113) ! Robin Philpot trouve «louches» les horreurs sans cesse racontées sur les viols; son lecteur apprend qu'il s'agit plutôt de fausses accusations qui font l'affaire des féministes américaines soucieuses d'avancer un pion en droit international (pages 173 à 180).

Roméo Dallaire a commencé à utiliser le terme «génocide» 18 jours après le début de celui-ci (Dallaire, page 421). Les pays du monde tarderont davantage. Est-il facile de distinguer un génocide d'un acte génocidaire, d'un crime contre l'humanité ou d'un crime de guerre, voire de la guerre ? Malgré les difficultés, il est impératif de le faire. Ergoter comme le fait Philpot sur la notion de planification, confondre guerre et génocide, transformer un génocide en débordement, en massacre généralisé ou en tragédie humaine, est odieux.

Philpot se contente d'évoquer le fait qu'une armée étrangère, soit des Tutsis intégrés à l'armée ougandaise, a commis le «pire crime», soit envahir un pays indépendant et assassiner son président. C'est ce qui aurait entraîné le génocide. Il ne dit cependant pas mot de ce qui est essentiel pour comprendre le génocide et le contexte rwandais : après avoir été erronément définis comme constituant une race par les colonisateurs belges, les Tutsis seront qualifiés par les idéologues rwandais du génocide de race étrangère qu'il faut éliminer pour qu'ils ne reviennent plus.

Quelle que soit la complexité de la guerre dans cette région de l'Afrique, malgré la prétendue intransigeance du FPR qui savait ce qui se passait derrière les lignes de l'armée gouvernementale rwandaise, soit le génocide -- Dallaire s'interroge d'ailleurs sur les motifs du FPR qui, selon lui, ne participait pas à réduire les tensions dans le pays, ce qui provoquait le génocide (page 588) --, rien ne justifie un génocide. Les guerres de pouvoir du FPR ou celles, d'influence, de certains pays justifient-elles le fait de massacrer près de un million de Tutsis parce qu'ils sont des Tutsis ?

La Presse et Le Devoir publieraient-ils un texte d'un négationniste de l'Holocauste, maquillant ce génocide en massacre généralisé ou en «point de détail» de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, pour citer Jean-Marie Le Pen ? Doit-on publier un texte qui soutient l'idée selon laquelle l'Holocauste est une invention des juifs ou d'Israël pour protéger ses intérêts ?

C'est pourtant bien ce que Robin Philpot fait en soutenant l'idée voulant que le génocide rwandais est une invention qui sert les intérêts du FPR et qui masque sa responsabilité dans une tragédie humaine.

Par Pierre Trudel, Le Devoir !

Témoignages za Général R. Dallaire contre Bagosora
The Canadian commander was witness to Rwanda's 1994 massacre

Toronto Star,
Jan. 19 - 2004, by Allan Thompson


Ukurikije narration za Thompson, iryo jisho ry'uwo musaza rimeze nk'isasu ngo rirareba ridahumbya aho batindi Bagosora yicaye. Muri bubone za documents nouveaux Dallaire yagiye yitwaje, reka tuzumve.

Gen. Roméo Dallaire, former commander of the United Nation's mission to Rwanda, waits to begin testifying yesterday against four senior Rwandan military officers at an international tribunal being held in Arusha, Tanzania.

In a packed, sweltering courtroom, Gen. Roméo Dallaire — dressed in a navy-blue pin-striped suit with his Order of Canada prominent on the lapel — was asked by a prosecutor if he could identify the Rwandan army colonel alleged to be one of the architects of the genocide that took 800,000 lives. Dallaire, who led the ill-fated 1994 United Nations peacekeeping mission in Rwanda, rose to his feet, glanced around, then fixed an icy glare on his former nemesis. " He's on the extreme right, in the last row,'' Dallaire said, pointing at Theoneste Bagosora.

The retired Canadian general told the Rwanda genocide tribunal here yesterday he believed Bagosora was the "kingpin'' in orchestrating a carefully planned campaign to exterminate minority Tutsis and politically moderate Hutus during 100 days of bloodshed in 1994. Bagosora and three other military commanders, Anatole Nsengiyumva, Aloys Ntabakuze and Gratien Kabiligi, have all pleaded not guilty to charges of genocide and crimes against humanity.Prosecutors regard Bagosora as one of the key players in the hours and days after the country was plunged into genocide after president Juvenal Habyarimana died in a fiery plane crash on April 6, 1994. Dallaire yesterday recalled the last time he saw Bagosora, during a chance encounter in late June, 1994, near the end of the genocide, in the lobby of the Diplomates hotel in Kigali. "Col. Bagosora threatened me with his pistol that the next time he saw me he would kill me,'' he told the court.

From the witness box, Dallaire turned the tables yesterday, testifying for a total of six hours about his meetings with Bagosora and his assessment that the virulently anti-Tutsi commander put the genocide into motion. "I had concluded that he was the kingpin,'' said Dallaire, who suffers from post traumatic stress disorder as a result of his Rwanda experience. While he showed little sign of emotion or distress during his testimony, Dallaire seemed distracted at times and kept stealing glances over to the left-hand corner of the courtroom, where Bagosora, whom he once compared with the devil, was seated. More than once, when a court clerk passed an exhibit to Dallaire for his perusal, the retired general glared at Bagosora. Bagosora made notes in a large, blue hard-covered notebook. He also referred from time to time to a dog-eared copy of the French edition of Dallaire's memoir from Rwanda.

Dallaire also recounted how on April 4, 1994 — only days before the slaughter began — Bagosora reportedly told a Belgian colonel at a diplomatic reception that the only way to solve Rwanda's problems was to get rid of the Tutsi. Dallaire said Col. Luc Marchal told him a drunken Bagosora raged against Tutsis and indicated "that war was at hand and a final solution was going to happen ... clearly indicating an ethnic war was at hand. 'Prosecutor Drew White, a Canadian lawyer, led off the questioning yesterday and is expected to continue all day today. The Canadian general testified that Bagosora was in charge of a military "crisis committee'' meeting that took place within hours of the Rwandan president's death. Still in civilian clothes, Bagosora "was clearly in charge'' and prevailed over the officers present, Dallaire said. Bagosora, he added, rejected outright the suggestion that prime minister Agathe Uwilingimana should take power. "Col. Bagosora said that, in essence, she had no authority.'' Dallaire said he spoke to the prime minister on the phone that night, trying to arrange for her to make a radio address first thing in the morning. But within hours, Belgian soldiers protecting her home had been taken away and massacred and the prime minister hunted down in a nearby compound and killed, along with her husband.

Dallaire told the court he visited the spot where she had been murdered the next day. "She had been killed right there, I mean, there was blood,'' he said. "Her children ... were in another house hiding in a closet with clothes over them. They had been saved.'' Referring to pictures taken at the time, Dallaire said the day after the president was killed, Bagosora abruptly switched from his civilian clothes into crisp new military fatigues. "He in fact reverted to a (army) uniform in the rank of colonel from the morning of the 7th of April,'' Dallaire said.When he burst in uninvited on a larger meeting of the military command, again chaired by Bagosora on the morning of April 7, "it was clear that Col. Bagosora was giving instructions and direction.'' Dallaire said he tried to get Bagosora to intervene to help the Belgian soldiers, who had been taken to nearby Camp Kigali, where he learned later they had been butchered. But Bagosora said "the camp was in absolute chaos and none of the officers could get control,'' Dallaire recounted. "He categorically refused me to go to that camp.'' The Canadian general said his own situation reports told him Presidential Guard units were already "wreaking havoc in the city ... and some of them even had a list and (were) killing the people therein.'' But Bagosora told him the guards were hard to control because they were acting out of anger at the president's death and rumours the Belgians were somehow involved.

Dallaire testified he left the meeting convinced Bagosara was pulling the strings. "What I found incredible was I had never found someone so calm and so at ease with what was going on," Dallaire said. "He shuffled some papers and signed some documents." Dallaire said he could only conclude that Bagosora was either on "another planet," oblivious to the mounting chaos, or was so calm because the carefully laid plan to exterminate the Tutsi minority and moderate Hutu, who were willing to share power, was unfolding. "It was surreal ... (I concluded) they were implementing a plan that we had heard so much of from a variety of sources. "It dawned on me then that the plan was moving." Dallaire was also asked about an anonymous letter he received on Dec. 3, 1993, apparently written by moderate Hutu officers, who warned of a "Machiavellian plan'' to plunge the country into chaos and exterminate specific individuals. Many of the people identified in the letter as targets were killed in the first hours of the genocide. Looking back, Dallaire said that letter now seems like "a rough draft of what happened after April 6.'' Today Dallaire is expected to testify about the secret informant who warned in January, 1994, that death squads were compiling lists and training to kill thousands of people a day. When Dallaire told U.N. headquarters in New York he planned to raid the arms caches of the death squads, he was told not to take any military action, that he had to remain neutral.

Prosecution lawyers have notified the defence that in the course of questioning Dallaire about Bagosora's role, they plan to introduce a number of key exhibits, including:

  • A binder of code cables Dallaire sent to U.N. headquarters in New York during the killing.A letter sent to Dallaire on Dec. 3, 1993, warning of a "Machiavellian plan" for killing in Rwanda. A copy of the famous Jan. 11, 1994, cable Dallaire sent to New York, advising headquarters that an informant had warned that death squads were training to kill thousands of people and hiding away weapons. A video clip showing Bagosora, in full uniform, negotiating with Dallaire at one point during the genocide, when the transfer of a group of orphans was being discussed. A chronology of all of Dallaire's contacts with Bagosora.
  • A copy of Dallaire's memoire, Shake Hands With The Devil. Pages of a diary kept by Bagosora in February, 1993, with hand-written notes sketching out plans for the "civilian self-defence" program that became the nucleus of the genocide.

Cet article est et reste la propriété du Toronto Star

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